Les archéologues argentins et le Dakar 2009

Publié le par sab

Déjà, quand je dis les archéos argentins, ça me semble pas particulièrement juste, étant donné que le patrimoine, à mon sens, doit être une préoccupation mondiale, ou internationale, comme vous voudrez. Bref, quand je dis Paris-Dakar, ça me fait aussi grincer des dents, parce que même avec la dérive des continents, et si ma géo ne me fait pas défaut, l'Argentine n'est pas sur le chemin entre Paris, France, et Dakar, Sénégal. Enfin, ce sont des détails j'imagine...

Donc, voila un courrier qui circule dans le milieu scientifique, et je l'espère aussi au-delà :


SEGUIMOS COMPRANDO ESPEJITOS DE COLORES:

EL DAKAR ARGENTINA-CHILE 2009



Del 3 al 17 de enero de 2009 se desarrollará el Rally Dakar Argentina-Chile que cubrirá más de 9.500 kilómetros dentro de territorios de ambos países. En esta competencia participarán 530 equipos compuestos por 82 camiones, 188 autos, 30 cuatriciclos y 230 motos que recorrerán los más de 9000 km en 14 etapas  que cubre 9 en territorio argentino, 3 en chileno y 2 binacionales (cruce de la cordillera de los Andes). El Rally Dakar (ex Rally París-Dakar) es una de las competiciones automovilísticas más extensas del mundo donde intervienen tanto marcas reconocidas (Mitsubishi, Toyota, Volkswagen, BMW, KTM, Kamaz, Tatra, Hino, Mercedes, Ginaf y MAN, entre otras) como aficionados a este deporte. En su trazado original iba desde alguna ciudad europea hasta la ciudad de Dakar en Senegal. El desplazamiento del viejo al nuevo continente para el año 2009 obedece a las amenazas de atentados contra los deportistas, como así también a movilizaciones que llevaron a cabo las poblaciones locales para repudiar la realización de esta competencia.


El Dakar es más una carrera de resistencia que un rally convencional, dado que incluye a distintas categorías y portes de vehículos (camiones, autos, motos, entre otros) que se desplazan por terrenos donde no existen vías de circulación sino que deben "hacer la ruta al andar" atravesando zonas de arena, rocas, barro y vegetación natural. Además, la ruta podrá ser un "secreto a voces" pero los participantes reciben el recorrido a ser cubierto horas antes de la partida. Quizás con esta aclaración puede comenzar a  comprenderse el título de esta nota debido a las consecuencias sociales, culturales y ambientales perjudiciales que el desarrollo del Rally producirá.


La vista en el "árbol" de las  ganancias cortoplacistas impidió ver el "bosque" de lo que significa la preservación de nuestros ambientes, tanto en el medio físico como socio-cultural.  Esto significa que no se han realizado en nuestro país los Estudios de Impacto Ambiental y Social que constituyen la herramienta para prevenir, mitigar y/o corregir los impactos negativos que causará el desarrollo de esta competencia que cuenta con el apoyo político a nivel nacional, provincial y municipal. Dicho apoyo se basa en la creencia de que el rally permitirá que el "mundo nos vea" y que "fomentará el turismo regional".  Sin embargo, esta visión cortoplacista no vio y/o tuvo en cuenta la afección y/o destrucción permanente que su desarrollo causará sobre sitios arqueológicos, fauna y flora local, economías rurales, entre otros.  Es decir, no se han evaluado los daños que pueden producirse en los yacimientos arqueológicos sobre los cuales, literalmente, pasarán los autos, camiones y motos arriba enumerados; como así tampoco el impacto negativo que el tránsito desproporcionado de vehículos de bajo y alta tonelaje podrá causar a la flora y la fauna local, propia de los ambientes frágiles que recorrerá la travesía, ni a las economías rurales de bajo desarrollo.


Una vez más, nos dejamos deslumbrar por "cuentas de vidrio" y "regalamos" nuestro acervo patrimonial,  tanto cultural como natural, por supuesto con la anuencia de los que ven en esto una "gran oportunidad económica" pero que no se pusieron a reflexionar ni a prevenir sobre las consecuencia del "día siguiente" a que finalice el Rally.  Nos gustaría saber dónde en esa visión de los facilitadores gubernamentales, promotores y auspiciantes queda posicionado el Artículo N° 41 de la Constitución Nacional donde se proclama un desarrollo sustentable, el Artículo N° 2 de la Ley General del Ambiente (N° 25.675/02) donde se estable la política ambiental nacional, la Ley Nacional N° 25.743/03 de Protección de Bienes Arqueológicos y Paleontológicos, y las leyes provinciales referidas a las temáticas mencionadas, entre otras.


El comportamiento de nuestros representantes ante este Rally Argentina-Dakar 2009 deja expuesto claramente que en nuestro país las leyes protectivas ambientales tienen alcance "discursivo" pero no "ejecutivo", dado que la letra escrita sin acción del Estado para su cumplimiento es letra "vacía". Como sociedad debemos internalizar que "solo se protege lo que se valora".  Con la evaluación de las acciones de los que tienen la obligación de hacer cumplir todo el peso de las leyes existentes,  solo podemos decir que hasta que no se re-construya una valorización de nuestro patrimonio cultural y natural seguiremos comprando "espejitos de colores".



AAPRA

Asociación de Arqueólogos Profesionales de la República Argentina                           


Comisión Directiva 2007-2009

aapra1@yahoo.com.ar

www.aapra.com.ar


Presidenta Dra. Norma Ratto

Vicepresidenta Dra. Verónica Williams

Secretario Dr. Gustavo Barrientos

Tesorera Dra. Débora Kligmann

1° Vocal Lic. Rosario Feuillet

2° Vocal Dra. Vivian Scheinsohn

3° Vocal Dra. Cecilia Pérez

Vocales suplentes Lic. Mirta Bonnin, Dr. Pablo Cahiza y Dra. Julieta Gómez Otero

Revisoras de Cuentas: Dra. Bernarda Marconetto y Dra. Mónica Berón



Et en français, ça donne ceci :

On continue d'acheter des miroirs aux alouettes :

LE DAKAR ARGENTINE-CHILI 2009



Du 3 au 17 janvier 2009 se déroulera le Paris-Dakar qui couvrira plus de 9.500 km sur les territoires des deux pays. 530 équipes participeront à cette compétition, composées de  82 camions, 188 voitures, 30 quads et 230 motos qui parcourront  les plus de 9.000 km en 14 étapes dont 9 en territoire argentin, 3 en territoire chilien, et 2 appartenant aux deux pays (traversée de la Cordillère des Andes). Le rallye Dakar (ex Rallye Paris-Dakar) est l'une des compétitions automobiles les plus étendues du monde, à laquelle participent aussi bien des marques reconnues  (Mitsubishi, Toyota, Volkswagen, BMW, KTM, Kamaz, Tatra, Hino, Mercedes, Ginaf et MAN, entre autres) que les aficionados de ce sport. Le tracé original partait d'une ville européenne pour arriver à la ville de Dakar au Sénégal. Le déplacement du vieux au nouveau continent pour l'année 2009 est dû aux menaces d'attentats contre les sportifs, et aux mobilisations des populations locales pour empêcher la réalisation de cette compétition.

Le Dakar est plus une course d'endurance qu'un rallye conventionnel, étant donné qu'il inclut différentes catégories de véhicules (camions, voitures, motos, entre autres) qui se déplacent sur des terrains où il n'existe pas de voies de communication et où ils doivent «ouvrir la trace » en traversant des zones de sable, de pierres, de boue et de végétation naturelle. De plus, le tracé est peut-être un « secret » mais les participants reçoivent le parcours à couvrir plusieurs heures avant le départ. Peut-être qu'avec cette explication on peut commencer à comprendre le titre de cette note dû aux conséquences sociales, culturelles et environnementales que le déroulement du rallye produira.

La vue en « arbre » des profits à court terme a empêché de voir la « forêt » de ce que signifie la préservation de nos environnements, aussi bien dans le milieu physique que socio-culturel. Cela signifie que dans notre pays personne n'a réalisé d'études d'impact environnemental et social qui constituent l'outil pour prévenir, mitiger et / ou corriger les impacts négatifs que causera le déroulement de cette compétition qui bénéficie de l'appui politique au niveau national, provincial et municipal. Cet appui repose sur la croyance que le rallye permettra que le « monde nous voie » et qui « encouragera le tourisme régional ». Cependant, cette vision à court terme n'a pas vu ou pas pris en compte les atteintes et / ou la destruction permanente que son déroulement causera sur les sites archéologiques, la faune et la flore locales, les économies rurales, entre autres. C'est-à-dire que les dommages qui peuvent se produire sur les sites archéologiques sur lesquels, littéralement, passeront les voitures, camions et motos cités plus haut, n'ont pas été évalués ; ni l'impact négatif que le transit disproportionné de véhicules de faible et gros tonnage pourra causer sur la flore et la faune locales, propres aux milieux fragiles que traversera la compétition, ni aux économies rurales de faible développement.

Une fois encore, ne nous laissons pas aveugler par des "verroteries" et « n'offrons » pas notre trésor patrimonial, aussi bien culturel que naturel, sur l'annonce de ceux qui y voient une « grande opportunité économique » mais qui n'y ont pas réfléchi ou n'ont pas fait de prévention sur les conséquences du « lendemain » du rallye. Nous aimerions savoir où, dans cette vision des facilitateurs gouvernementaux, promoteurs et sponsors, est respecté l'Article N° 41 de la Constitution Nationale où est proclamé un développement durable,  l'Article N° 2 de la Loi Générale de l'Environnement (N° 25.675/02) où est établie la politique environnementale nationale, la Loi Nationale N° 25.743/03 de Protection des Biens Archéologiques et Paléontologiques, et les lois provinciales se rapportant aux thématiques mentionnées, entre autres.

L'attitude de nos représentants face à ce Rallye Argentine-Dakar 2009 laisse clairement exposé que dans notre pays les lois protectrices environnementales ont une portée « discursive » mais pas « exécutive », (...). En tant que société nous devons intégrer que « seulement ce qui se protège se valorise ». Avec l'évaluation des actions de ceux qui ont l'obligation de faire respecter tout le poids des lois existantes, nous pouvons seulement dire que jusqu'à ce que se reconstitue une valorisation de notre patrimoine culturel et naturel, nous continuerons d'acheter des « miroirs aux alouettes ».


AAPRA

Association d'Archéologues Professionnels de la République Argentine.



Vous trouverez reflété dans un autre billet le point de vue des archéologues chiliens sur le Dakar 2009.


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La Fouine 25/04/2009 12:26

Article très intéressant. Bonne continuation

sab 31/03/2009 14:33

Trouvé sur le site du Petit Journal concernant le Dakar 2010 :"Plus de sécuritéLa sécurité semble avoir été une préoccupation majeure lors de l'élaboration de ce nouveau projet. (...)Les participants au rallye avaient, de manière générale, déploré beaucoup de casse."
AH OUI ??? LA DESTRUCTION DES SITES, C'EST CA QU'ILS ENTENDENT EN DISANT "CASSE" ????? MEUH NON, RASSUREZ-VOUS.... LE PATRIMOINE CA COMPTE PAS !!!!!
"Ainsi le favori Carlos Sainz, leader de la course, avait abandonné lors de la dixième étape suite à une sortie de route qui avait blessé son co-équipier."
OK.... SORTIE DE ROUTE = PAS DANS LA TRACE PREVUE = HORS DE TOUTE ETUDE D'IMPACT QUI CONCERNE LE TRACE...
"Ensuite, le tracé va être doublé et les catégories de véhicules séparées sur des routes différentes afin d'éviter les accidents."
MERDE !!!!! LES ETUDES D'IMPACT SE SONT DEJA MAL FAITES CETTE ANNEE SUR LA TRACE UNIQUE, LES DESTRUCTIONS CONSTATEES SUR LE PASSAGE DES VEHICULES, ET ON VEUT LE DOUBLER ???? POUR DETRUIRE 2 FOIS PLUS VITE LE PATRIMOINE ????? BELLE IDEE !!!!
"Amaury sport organisation a évalué les retombées économiques de la course 2009 à 57 millions d'euros."
DONT COMBIEN POUR L'ARCHEO ET LA PRESERVATION DU PATRIMOINE ?????? DISENT PAS.... C'EST BIZARRE................
Je sais là j'ai l'air d'une radicale, genre extrémiste de l'archéo, mais on nous bassine nous autres parce que "fouiller c'est détruire", et sur la rigueur dont on doit faire preuve devant ce constat, mais on leur dit pas à eux qu'ils détruisent irrémédiablement les vestiges de cultures millénaires, probablement des éléments uniques, de grande valeur pour l'histoire du pays et l'Amérique du Sud ?????????? Que c'est une perte irremplaçable pour l'histoire de l'Argentine, de l'Amérique du Sud ???Ca m'énerve, ça m'énerve.......

Manray 09/01/2009 17:41

Merci pour ta réponse. Quand tu parles de la période préhispaniques, cela me rappelle un film que j'ai vu lors d'une exposition au Grand Palais, à Paris donc, qui s'appelait : "L'Eldorado" ou quelque chose comme " A la recherche de l'Eldorado". Il traitait de l'archéologie préhispanique, en Bolivie ou au Paraguay. A partir des fouilles, ils ont trouvé la "Terra nera" en différents endroits, sur de grandes surfaces, sorte d'engrais naturel issu du mélange de terre et de déchets de la calcination du bois, qui se renouvelle par elle même. Il existe aujourd'hui, des mines de cette Terra nera encore utilisées. Ils ont fait des essais sur place, avec des plans de maïs et d'autres céréales; le développement de la culture avec la Terra Nera est, de mémoire, jusqu'à 5 fois plus productif que le développement sans cet engrais. Intéressant non ? Avec tout ce qu'on balance dans les cultures intensives aujourd'hui ?

Manray 09/01/2009 11:12

Bonjour,

C'est vrai que quand il s'agit d'intérêts économiques, les gouvernements sont amnésiques quant à leurs directives écolo-intello-sociétales dont ils se vantent pour eux-même ou qu'ils exigent de leurs voisins ou des autres peuples. Les français sont les meilleurs du monde dans ce domaine.

Quels sont les sujets d'archéologie existants en Argentine ? Y a-t-il des sites pré-historiques ? Et si oui, de quelle époque ?

sab 09/01/2009 16:29


bonjour Manray,

en attendant de prendre un peu plus de temps pour détailler, voilà 2 traduc que j'avais mis en ligne sur l'archéologie du Nord-Ouest.. Le NOA est la région la plus riche en cultures
préhispaniques, une zone immense où les rares archéologues ont.. du pain sur la planche. J'ai fait la feignasse et n'ai pas préparé  / traduit le 3º qui traitait de la période tardive, mais
c'est bien mon intention de m'y mettre. Ici :
http://catamarca.over-blog.com/article-19744819.html
au sujet du Formatif ;
et ici :
http://catamarca.over-blog.com/article-19873295.html
au sujet de la période moyenne.
Pour revenir précisément à ta question, le fait est que la Société Argentine d'Anthropologie a le poil hérissé parce que rien n'a été prévu pour faire des études d'impact sur le tracé du Dakar,
c'est-à-dire, et pour répondre clairement à ta question : on ne sait pas ce qu'il peut y avoir sous le tracé, que ce soit au niveau anthropologique, archéologique, paléontologique, ethnologique,
environnemental, etc.
Une partie du tracé passe par la Patagonie : l'usage de l'espace pendant les périodes préhispaniques est très extensif, étant donné que les populations étaient organisées en sociétés de
chasseurs-cueilleurs. De plus, cette zone est extrêmement riche en restes paléontologues (dinosaures, etc.).
Dans le NOA, une partie de la population est aussi nomade, de chasseurs-cueilleurs, sur laquelle s'implante une autre de tradition sédentaire et vivant traditionnellement dans des sites
construits en terre crue.. ce qui rend très difficile leur reconnaissance et leur étude.
En espérant éclairer un peu plus la réalité scientifique locale.. bonne continuation !



sab 09/01/2009 00:25

Et voilà ce que publie la Société Argentine d'Anthropologie :
"Preocupación de la Sociedad Argentina de Antropología por los posibles daños al patrimonio arqueológico nacional que podría generar el Rally Paris-Dakar 2009.

La Sociedad Argentina de Antropología desea expresar su profunda preocupación por los posibles daños al patrimonio arqueológico que puede generar la realización del Rally París- Dakar que se llevará a cabo en nueve provincias argentinas entre los días 3 al 17 de enero de este año. Sumándose a lo ya manifestado por otras instituciones nacionales, tales como el Instituto Nacional de Antropología y Pensamiento Latinoamericano (INAPL) y la Asociación de Arqueólogos Profesionales de la República Argentina (AAPRA), las Sociedad Argentina de Antropología (SAA) alerta sobre la falta de estudios de impacto arqueológicos en los lugares donde se correrá el Rally y el peligro al que están expuesto un número indeterminado de sitos arqueológicos.

Como es de publico conocimiento, esta competencia involucra la participación de cientos de vehículos, con sus equipos de mantenimiento y apoyo, a los que se suman cientos de miles de personas que seguirán el evento al borde de la traza. Este movimiento de gente, vehículos y equipo puede afectar directa o indirectamente los sitios arqueológicos que eventualmente se encuentren dentro de las traza o en las inmediaciones.

EL INAPL envió notas a las Direcciones de Patrimonio y a las Secretarias de Cultura de las provincias involucradas: Buenos Aires, Catamarca, Chubut, La Pampa, La Rioja, Mendoza, Neuquén, Río Negro y Santa Fe, pero solo cuatro de ellas respondieron (La Rioja, Chubut, Catamarca y La Pampa). Lo más preocupante es que hasta el presente no se ha informado acerca de la realización de los estudios de impacto correspondientes en la traza afectada por el rally, sobre todo teniendo en cuenta que este pasará por zonas de gran riqueza arqueológica, por lo que el daño que esta actividad produzca puede llegar a ser irreparable.

Comisión Directiva de la Sociedad Argentina de Antropología (SAA)."