Mœurs argentines

Publié le par sab


Il y a peu
, je vous parlais des complications et des subtilités qu'on rencontre face à une nouvelle langue.. Après le premier contact, par le biais de la langue, on entre en contact avec la culture. La culture argentine, en général, est un grand mélange de beaucoup d'autres : les autochtones, diverses et variées, les coloniales, diverses et variées. De nombreuses vagues d'immigration ont atterri en Argentine au fil des années, on retrouve donc des enfants de Russes, d'Allemands, d'Italiens, de Basques, d'Espagnols, etc.
Certaines régions ont donc été le choix préféré de certains populations, par exemple les Italiens ont de grandes communautés sur la côte, les Allemands dans le Sud (Bariloche, etc.).
Pour le reste, je vous rassure tout de suite, à Catamarca, rien de tout ça. Catamarca a été victime d'un manque d'intérêt des autorités, répércuté par un manque d'intérêt des touristes, qui a conduit à une province (la plus vaste d'Argentine) presque vide, sur le chemin du développement, et sans aucune idée de ce qu'il se passe autour. Le colonialisme y a tellement bien fait son œuvre, qu'à Laguna Blanca (parlons de ce qu'on connaît) plus personne ne parle quechua, sauf quelques mots, comme on utiliserait le patois chez nous. Les colons, l'école et le service militaire ont soigneusement effacé toute relation entre cette population (isolée n'est pas un grand mot, puisque la route a été ouverte il y a une trentaine d'années, et qu'avant ça les déplacements se faisaient entre les provinces environnantes et jusqu'au Chili à dos de mule, donc contacts permanents mais communication lente) et son passé.
Bref, la population argentine, et surtout de Catamarca (parlons de ce qu'on connaît) peut se stéréotyper de la sorte :
-l'Argentin est dépendant du maté : impossible de trouver un Argentin qui ne boive pas de maté, matin, midi et/ou soir, en toutes circonstances (pendant les cours, en travaillant, etc.) et en tous lieux (au bureau, à la plage, dans le bus).
-l'Argentin est dépendant de son psy : l'Argentine est le pays qui compte le plus de psycholoques par habitant.. je ne m'exprimerai pas sur la santé mentale de mes congénères, ils ont l'ai plutôt bien, mais c'est quand-même le moins qu'on en attend..
-l'Argentin ne se réunit jamais pour autre chose que pour un asado : si vous voulez inviter des amis à manger, c'est grillade obligée, si on vous invite, c'est grillade obligée.
Durant un asado, l'Argentin ne mange que de la viande et de la salade, c'est comme ça, laitue, tomate et viande. (Zont pas un grand sens du divertissement, vu sous cet angle-là).
-la vie de l'Argentin s'arrête entre 13h et 17 ou 19h. A la mode espagnole, tout est fermé entre ces heures-là, mais est ensuite ouvert jusqu'à 21 ou 22h.
-l'Argentin a bien retenu la leçon du premier monde : consommer. Pour ça, les supermarchés sont ouverts de 8h à 22h30 tous les jours, dimanche compris. Même si les rayons sont à tour de rôle vides, il faut que la machine à consommer soit aux aguets.
-l'Argentin ne fume pas.. bon, le Catamarcais en tout cas. Rares sont les fumeurs qu'on peut croiser. Et si vous fumez des roulées, je pense que les gens vont se retourner sur vous dans la rue, voire prendre une expression horrifiée, ou scandalisée.
-l'Argentin se procure tout "trucho", piraté donc. Cherchez pas à acheter, demandez à vos copains, ils ont forcément ce qu'il vous faut, ou la bonne adresse qu'il vous faut.
-l'Argentin ne lit pas. Rares sont les éditions argentines, et ce qui sort circule autour de Buenos Aires en petites quantités. D'un gros tirage, 1 ou 2 exemplaires arrivent à Catamarca. Un livre en Argentine coûte le même prix qu'en France, même si le niveau de vie est 4 fois plus bas.
-l'Argentin tercérise tout : la compagnie d'eau a un employé pour distribuer son courrier, idem avec la compagnie de câble, de téléphone, etc. et enfin le Correo argentino. Donc 4 personnes différentes peuvent vous apporter 4 courriers différents.
-l'Argentin récupère tout : souvenez-vous des voleurs de câbles téléphoniques il y a 2 ans. Il y a des camions qui passent aussi pour acheter les batteries vides, ferrailles, etc.
-l'Argentin a le sens du commerce familial : dans notre rue, passent la charrette qui vend des pastèques (en été), le camion qui vend des oranges (en hiver), la charrette des légumes (toute l'année), la camion qui vend des glaces en été (avec un vrai congélateur à l'arrière), le vendeur de journaux à vélo (on l'entend siffler de loin en loin), le gars qui pousse son chariot de barbapapas et pralines, etc..

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