Archéologie du Nord-Ouest argentin : Periodo Medio

Publié le par sab

Période Moyenne

Culture La Aguada

La Aguada s'est développée dans les Provinces de Catamarca, La Rioja et San Juan entre 500 et 800 ap. J.-C. à partir des cultures antérieures et de son échange avec d'autres sociétés de l'altiplano argentin-chilien-bolivien. Du point de vue culturel, elle est considérée comme le moment de plus grand développement dans le NOA. D'économie agricole et récolte de fruits sauvages, ils ont construit des centres cérémoniels présentant des signes de pratiques rituelles complexes liées à l'usage d'hallucinogènes. Leur céramique a atteint le plus haut degré de développement technique et artistique.

Ils ont maîtrisé la métallurgie du bronze et réalisé des plaques et haches cérémonielles magnifiquement décorées. Le disque Lafone-Quevedo en est une illustration. Ins ont construit des cimetières dont les contenus révèlent qu'il existait de claires hiérarchies sociales et qu'ils avaient des centres cérémoniels. Du point d vue symbolique, le félin a dû jouer un rôle important et est généralement représenté avec des tâches ; on rencontre aussi des guerriers et sorciers (shamanes).


Situation géographique : vallée de La Aguada, subsidiaire de celui de Hualfín (département Belén, Province Catamarca). L’un des centres les plus importants, s’étendant jusqu’à Andalgalá.

Au sud, comprend toute la région de Londres et la vallée de Abaucán (Province de Catamarca), la rivière Bermejo ou Colorado et Bañacán del Pantano (Province de La Rioja) ;

A l’ouest, toute la vallée de Catamarca ;

Au sud, jusqu’à la ville de La Rioja, Famatina, Chañarmuyo et la zone nord de la Province de San Juan.

Economie : essentiellement agricole (maïs), héritant une grande part des éléments préexistants. Récolte de fruits sauvages.

Patron de peuplement : très semblable à celui de la culture Ciénaga. Construction de barrages. Groupes de familles réduites, pas d’agglomération. Sites de 5 à 10 habitations, à courte distance les unes des autres.

Culture matérielle : céramique à décor peint : Aguada bicolore (noir sur fond rouge-jaune), Aguada noir, rouge et blanc, et Aguada tricolore (noir et pourpre sur fond naturel).

céramique à décor incisé : pâte grise, motifs géométriques ou figures félines.

Figurines anthropomorphes, généralement nues, aux bras et jambes stylisés, yeux obliques et coiffures élaborées.

Pipes à décor de félins ou monstres en relief.

Pierre : vases de saponite (décors de félins, guerriers à coiffures élaborées portant des têtes-trophées et haches) ; haches ; mortiers ; statuettes anthropomorphes. Rares pointes de projectiles.

Os : poids de fuseaux et instruments à tisser.

Métallurgie développée : bronze (haches, disques, pinces à épiler, ornements, etc.).

Présence de crânes isolés dans les tombes accompagnant des squelettes complets. Mobilier funéraire varié et nombreux. Enterrement des enfants directement en terre (absence d’urnes funéraires).

Armes : propulseurs, bolas.

Datation (moyenne) : 500-800.

Dans le cas de La Aguada, ses origines, en partie, peuvent se retrouver dans les cultures qui l’ont précédée : elle a des éléments de Ciénaga et une bonne quantité de traits de Condorhuasi. Ces éléments préexistants ont reçu l’impact culturel venu d’ailleurs ; en termes généraux, certaines idées et aspects technologiques paraissent être apparentés directement au grand développement de la période Tiahuanaco Classique. Ces influences ne sont pas venues directement des rives du lac Titicaca jusqu’au NOA. Il est probable qu’elles soient passées par une étape de transformation dans les oasis de la Puna chilienne ; de là ont dû filtrer certains des éléments culturels et arriver au NOA, s’implantant sur les cultures préexistantes.

Nous ne savons pas quelle a été la raison du déclin de la culture La Aguada, mais la fait est que les éléments typiques de celle-ci ont disparu et laissé place, du point de vue formel, artistique et technique, à d’autres cultures très différentes.

Textes extraits, traduits (et accomodés) de Arqueología argentina, A. Rex González, J. A. Pérez, Paidós, Buenos Aires 1976.

Voir également le site du Musée de La Plata.


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