Argentine, premiers pas

Publié le par sab


Pour poursuivre ce bref portrait de l'Argentine que je découvre, gardons à l'esprit que le monde ici s'est développé... différemment. Pas mieux hein, mettons-nous d'accord, mais simplement différemment. C'est un pays de mélanges, de métissages. Ici, beaucoup d'Italiens, de Basques, et puis un peu de tout le reste. On retrouve donc les pizzas (je crois que c'est le plat qu'on retrouve dans tous les pays du monde sans exception..), les noms italiens (voir Piazzola) et les couleurs du drapeau de nos voisins... on retrouve aussi des gars bien costauds portant le béret (boïna), des noms aussi basques que possible (Irigoyen,...).. Pour l'architecture, ici à Mar del Plata, c'est un curieux mélange de quartiers bourgeois, ombragés, de
maisons d'un étage (à Paris on appelle ça des pavillons) avec jardinet et généralement pas de clôtures, d'immeubles sur le front de mer, le genre Côte d'Azur surexploitée au profil défiguré, et plus à l'intérieur des terres, sans surprise, les quartiers populaires pour ne pas dire défavorisés... un tout autre visage, un peu défoncé (à tous les sens du terme). C'est un curieux sentiment aussi de voir se mêler les vieux pick-ups Ford, rouillés-rafistolés au fil de fer, et les voitures neuves de chez Mercedes. Il faut dire aussi qu'ici les industries automobiles européennes tournent bien, on roule donc tout aussi bien en Fiat 500 qu'en 307, en Golf... un mélange d'Europe et d'Etats-Unis. On roule bien-sûr en motos et autres meules, si possible à plus de deux, en comptant le dernier-né et le chien avec une patte dans le plâtre. J'avoue ne pas avoir encore bien saisi tout ce qui concerne la logique routière, mais ça vient. Les centres-villes sont dessinés en damiers, faits de rues à sens unique pour la plupart, sauf les grandes artères. Pour les petites rues (la grande majorité), pas de système de signalisation aux carrefours... tout dépend de l'humeur de chacun, et de la vitesse à laquelle arrive celui d'en face. J'ai pas encore vu d'accident mais je reste hyper perplexe... imaginez les carrefours français sans signalisation...

  En parlant de carrefours... le Dieu Carouf a aussi traversé l'océan, le Temple du consumérisme tient ses adeptes dans les plus grandes villes d'Argentine, donc Mar del Plata, mais pas Catamarca, trop petit : Mar del Plata, 600.000 habitants en hiver et près d'un million et demi en été ; Catamarca (la ville), 120.000 habitants. Il y a bien-sûr pas mal de chaînes de supermarchés qui couvrent le territoire, et beaucoup d'épiceries. ET.... l'homme de ma vie, RONALD. Sans commentaire, vous connaissez mon opinion à ce sujet je crois.Ombu. Non.. ce n'est pas un arbre, c'est une herbe.. oui, je sais, moi non plus j'ai pas compris.

La vie ici est évidemment bien moins chère qu'en Europe... le litre de diesel coûte moins de 2 pesos à la pompe, de même que le paquet de clopes.. on trouve la plupart des choses et aliments que je connaissais déjà, sauf du fromage blanc. On trouve même... du Sauternes. Et là, je dois dire que, bien que ce terroir-là ne soit que ma terre d'adoption (on est arcachonnais ou on n'est pas), mon poil se hérisse quand j'entends parler de Sauternes argentin.. de couleur (pardon, de robe) claire comme un regret, fruité sans être vraiment sucré, j'avoue que là, oui, mi Francia me duele... j'ai bien envisagé de me faire envoyer du Loupiac par mon copain JP, mais il faudrait des cuves entières pour leur faire entendre que le vin, tout le vin.., c'est à Bordeaux qu'il a été inventé !!! (D'ailleurs, ne dit-on pas burdalesa, littéralement 'bordelaise' pour désigner les barriques ?) Bref, on trouve le vin en bouteilles, jusque-là tout va bien, pas de zones d'appellation mais des régions de production (Cordoba, Mendoza, San Juan), pas toujours de millésime mais le nom de la bodega qui le produit et le cépage. On trouve ainsi du Sauternes venant de San Juan produit par Colón. On trouve le "Margaux argentino", et tous les cépages français (Malbec, Sauvignon, Cabernet). Possible aussi de boire du champagne Mumm élaboré ici, et toute une famille de pétillants aromatisés ou non. Et après ça, les rhums, Gancias, Fernet Branca, Hesperidina, etc. Pour la bouffe...asados (grillades) à toute heure et à toutes les sauces (je dis ça mais, bizarrement, pour le peu que j'en ai vu, les Argentins ont tendance à manger la viande sans aucune sauce, au pire avec du chimichuri, mais toujours accompagnée d'une salade... sont fous ces Argentins !!). Vu que la viande est plutôt bonne, autant se faire plaisir. Ici à Mar del Plata, on en profitera pour se taper la poiscaille, mais à à peine 20 min du centre ce sont les pâturages couverts de steacks. Il n'est pas rare de croiser en ville (bon, pas sur les boulevards, soyons logiques) des charrettes ou des gars à cheval, surtout à Catamarca (dans les bleds, donc). J'essaierai de voir ça de près, niveau équipement, en reportage spécial pour mon cousin le gardian.

Niveau temps... c'est l'été, il fait plus ou moins chaud ici.. ça dépend des jours : la semaine dernière, certains jours froids (17°), certains jours chauds (37°).. Catamarca, c'est l'enfer, près de 40° tous les jours (47 le week-end où on était à Laguna Blanca, si ça c'est pas de la chance.. être sous une cascade de montagne quand les collègues suffoquent à moins de 300 km de là..), peu de pluie.

Et niveau taf... bon, comme dit l'ami Ben, trop de travail tue le travail, par conséquent, j'en profite pour aller à l'océan (qui, ici, s'appelle la mer, parce que l'océan c'est au large...je pensais pas qu'on pouvait changer le sens des termes d'un côté et de l'autre de l'équateur..). Et, accessoirement, pour poursuivre mon apprentissage de l'espagnol avec mon pote Larousse tout en potassant pour comprendre un peu de quoi on parle ici. Ça se met en place tout doucement, mais c'est toujours aussi pénible de soutenir une conversation. Enfin, maintenant les gens aussi savent un peu de français.. même si je fais de grands efforts (bouge ton cul !!) pour ne pas répondre à certaines questions .."¿donde está..?"... DANS TON C....!!! Enfin je leur dirai que ce sont les manières des Bretons (ami Ronan, si tu m'entends...), et que nous autres on est pas aussi impolis, en France.

Publié dans ma vie - mon œuvre

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