Pachamama, coca y cachaça

Publié le par sab


L'autre monde bolivien

Mercredi, Pablo, Daniel et moi avons entamé le travail dans la grotte. 5 ou 6 hommes du village nous y ont accompagnés, qui dans la voiture, qui en moto, qui à pied depuis le village, à une vingtaine de minutes de marche.

J'avais déjà visité l'endroit la veille au matin avec ces mêmes campesinos. Jonny partant pour la journée, il m'a confiée aux bons soins de don Edgar et don Emighdio. Levée à 7h15, à 7h30 ils venaient me chercher, à 3, pour une marche dans les environs à la recherche des cuevas et des peintures rupestres. Les ruisseaux étaient encore gelés de la nuit mais l'air déjà bon, le soleil étant levé, lui, depuis près de 2h. Ils sont arrivés 3, puis un autre a surgi des collines pendant que nous nous approchions du site, puis un autre, puis un autre alors que nous étions entrés voir le matériel dans le petit musée de campagne... Surgis de nulle part, venus voir la gringa arqueóloga. Ils m'ont emmenée de droite et de gauche jeter un œil aux cuevas qu'ils connaissent presque comme leur poche, ont insisté pour m'y voir entrer, dont acte. Je dois avouer que l'expérience de la mine, à Aulus, m'a plutôt servie pour pénétrer dans ces boyaux à l'entrée étroite (une soixantaine de cm de côté) et me balader l'esprit tranquille. Enfin, ramper. J'ai suivi don Emighdio, fier de me montrer comme un trésor, dans cette galerie à la poussière fine et pénétrante.

Une belle marche, et évidemment peu de communication, moi ne parlant que très mal espagnol et ne comprenant pas le quechua, leur langue identitaire. Ils en ont pas mal profité bien évidemment, mais je l'ai senti un peu comme un test. Avec le sourire les choses finissent toujours par bien se passer. Je crois que si j'étais restée quelques jours de plus, ils m'auraient mariée à l'un d'entre eux... Je me serais retrouvée avec ma jupe sous les genoux, mes tresses longues et noires, mon petit chapeau, et mon môme dans le dos, empaqueté dans son carré de tissu bariolé. C'est pas une vie de Jean-Louis, ça.

Le lendemain donc, début du travail et, comme il se doit, offrandes à la Pachamama, la terre-mère représentant la fécondité et la source des biens matériels. Il lui est offert des feuilles de coca et de l'alcool. Un des hommes présents offre une poignée de coca à chacun, qu'il convient de recevoir à deux mains. Puis, chacun à son tour, va offrir quelques feuilles de coca (de la main droite) à la Pachamama, dans une demi-bouteille d'eau, et formuler une prière ou plutôt une requête... qu'elle nous préserve de tout mal, ne soit pas offensée qu'on creuse le sol et en retire les objets, qu'elle amène des touristes et de belles découvertes. Puis il convient de verser quelques gouttes d'alcool sur le sol avant d'en boire une gorgée, en commençant par le plus âgé de l'assemblée. Le contenu de la bouteille d'eau est finalement répandu, par ce même aîné, sur le sol du site. Et tout cela, bien-sûr, en mâchant de la coca.

A l'arrivée de Pablo et Daniel, un archéo argentin, pote de Pablo, à Atulcha, nous avons entrepris l'inventaire du mobilier issu de la grotte de Qhatinsha, où ont aussi été mises à jour 2 momies. Les villageois ont été de tous les instants, de notre arrivée avec Jonny, à notre départ hier, avec Pablo et Daniel.


Don Vicente, Don Emighdio, Aldo, Daniel... et le Salar.

 



L'entrée de la cueva, et la porte en cactus.







Et nous avons entrepris, Pablo et moi, l'emballage (papier toilette, pour remplir les espaces vides, papier aluminium, pour donner une espèce de structure, et film plastique pour maintenir le tout), plus que le prélèvement,

d'une des momies. La première, et peut-être la dernière fois que je regarde un squelette dans le fond des orbites, si près que je pouvais m'en voir pâlir par retour...




Bob la momie dans son habit de lumière. S'il a la tête bien droite (et la mâchoire au bon endroit), c'est parce que les villageois l'ont ficelée pour les touristes (c'est plus photogénique, non ?). Et s'il est flou, c'est parce que mon boss est un tyran qui ne me laisse pas le temps de pose suffisant ! D'ailleurs, on est toujours pas d'accord, lui pense que c'est une fille, moi un gars, allez savoir pourquoi...

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