Les vacances de GG

Publié le par sab


    Voilà, Gérald est venu nous voir pendant 3 semaines, qu'on a essayé d'organiser intelligemment, mais ici c'est toujours difficile d'organiser quoi que ce soit étant donné qu'à un moment ou à un autre quelque chose va dépendre de quelqu'un ou quelque chose d'autre que nous, et là... c'est le drame. Enfin, après avoir bataillé 2 bonnes semaines avec notre garagiste, on a récupéré juste à temps la voiture pour faire un voyage éclair à Laguna Blanca..
Mais avant, ça, d'abord on a décidé d'aller en Bolivie, Gérald bossant sur l'archéologie minière, c'était inévitable de l'emmener jusqu'à Potosi voir les mines d'argent. Donc on a fait ce que fait tout touriste

à Potosi, on a payé pour une longue visite de la mine, avec passage du wagon de minerai garanti.. et entretien avec les mineurs à l'extraction.. ça fait un peu bête de foire, avec l'impression en plus de franchement déranger, pas dans l'attitude du gars, mais dans le fait qu'ils travaillent comme des bourrins, généralement sans pause, et que leurs journées sont pour le moins difficiles.. A titre de dédommagement, les visiteurs passent, avant l'entrée dans la mine, par le marché des mineurs, où on trouve le kit du bon mineur : des feuilles de coca, du bicarbonate (ou llicta, à base de cendre de pomme de terre) pour aller avec, de la dynamite, de l'alcool à brûler, des boissons gazeuses, des cigarettes, et tout le matériel de travail (lampes, pelles, bottes, etc.), et ce passage obligé permet d'avoir quelque chose à offrir aux mineurs qu'on vient déranger. Evidemment, c'est tout un

négoce mais rien de dramatique pour un européen ou un américain, donc c'est une espèce d'exploitation du touriste consentie ! Pour résumer en quelques mots la visite, je dirais : poussière et chaleur, et des conditions de travail qui laissent perplexes.
Enfin, j'imagine que GG en a profité, de fait il a pris en photo toutes les ouvertures de galeries, les boisages, les marques de taille, et même enregistré l'entretien avec un vieux mineur au boulot avec marteau et burin.. La visite de la mine elle-même doit durer environ 2-3 h, mais Extraction, toujours en chiquant la coca.     
   
avant ça il faut passer par le local du tour-operator qui fournit une combi de protection, la lampe et le casque, et
ensuite passage par le marché avant de monter vers l'entrée des mines. En fait il y a de nombreuses concessions, et toutes ont leur entrée particulière et travaillent dans une zone du Cerro Rico particulière, et il y a toujours des chamailleries quand deux concessions différentes arrivent à se rencontrer en creusant leur galeries. On estime généralement qu'il reste moins de 20 ans d'exploitation du Cerro Rico parce qu'il est déjà percé comme un gruyère, et parce que les quantités qui en sortent deviennent chaque fois moins rentables. Je ne sais pas si je l'ai déjà dit, mais les femmes n'ont pas le droit d'entrer dans les mines, elles travaillent à la sortie, où elles trient à nouveau les résidus du creusement. Evidemment les touristes féminines peuvent entrer, et pour s'accommoder avec leurs croyances (une femme qui entrerait dans la mine rendrait jalouse la Pachamama, qui refuserait de laisser les mineurs rencontrer le minerai, voire pourrait provoquer des accidents), le fait que les touristes entrent en combinaison, c'est-à-dire, en pantalon, les fait considérer comme des hommes.. donc, le problème est résolu. J'ajoute que les femmes boliviennes, traditionnellement et dans les régions les plus paysannes (c'est-à-dire qu'à La Paz, par exemple, ou les villes très développées, certaines femmes ont tendance à s'habiller "à l'occidentale"), sont toujours vêtues d'une jupe.

Offrandes au Tío (l'Oncle), nom donné au Diable qui vit dans les galeries du Cerro Rico. Les mineurs le craignent et le respectent, et viennent lui apporter des offrandes régulièrement (cigarettes, feuilles de coca, alcool) afin qu'il les épargne, les protège et leur apporte la chance de trouver un bon filon. (Photo InIP-UNCa).

Enfin, quelques jours à Potosi, puis nous sommes montés vers la Paz, où nous avons aussi passé quelques jours, et profité des facilités des grandes villes ! GG nous regardait un peu comme des extraterrestres quand on s'extasiait de trouver de grands bars, des librairies, même un Hard Rock Café, et je comprends qu'en venant d'une grande ville, une autre grande ville, ici une capitale, n'a pas franchement de points d'attraction, mais enfin, on a dépensé pleins de sous en tragos et bouquins, restos, etc. Evidemment, on a voulu manger japonais (est-ce utile de préciser qu'à Catamarca, il n'y a pas de resto japonais ? D'ailleurs, ni chinois, ni vietnamien, ni rien d'autre qui ne soit du NOA en fait.. - escalope panée, hot dog et sandwich à la saucisse-). Enfin, on a fait nos courses aussi en souvenirs à touristes (des tissus à motifs traditionnels, etc.). On s'est logés dans un hôtel moyen miteux, très près du coeur de la ville, et le quartier ça donnait ça :


La Paz est une ville hyper active, elle fourmille toute la journée, et regorge de vendeuses de rue, de tout et n'importe quoi, du jus d'orange à la cacahuète,






















en passant évidemment par les patates dans toutes ses déclinaisons (la blonde, la violette, la oca, etc.)




mais aussi des crèmes à la laitue pour la peau, des DVD et logiciels piratés, etc. et bien-sûr des stands de plats à manger sur place (on vous prête le couvert, lavé sur place dans une authentique bassine pleine d'eau.. pas pour les fragiles de l'estomac, ni pour ceux qui veulent repartir de Bolivie sans nouvelle maladie..) :


La Paz, plat à consommer sur place. Photos de La Paz : GG.

Publié dans ma vie - mon œuvre

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