Réactions paysannes et gouvernement : grèves du campo

Publié le par sab

    Ben je croyais pas si bien dire moi, y'a 10 jours, avec mon petit dicton.. autant la semaine dernière, malgré les nuits fraîches, on avait des journées à plus de 25°, autant on se gèle grave depuis samedi ! Catamarca c'est radical, quand le soleil se cache la température descend en chute astronomique. Enfin je veux pas dramatiser mais je suis sûre qu'il est pas loin de geler la nuit..
    Bref, pour en revenir à nos vaches, on peut de nouveau manger de la viande, sans risquer ni l'intoxication alimentaire ni la banqueroute immédiate. Evidemment, comme vous ne le savez pas, il y a environ une semaine on est sortis d'une énorme crise (en France on dirait "bras de fer") entre le campo (les exploitants agricoles, producteurs en tous genres, du grain de blé au lait en passant évidemment par la bonne vache) et le gobierno (LA Kirchner donc).. où le campo s'est insurgé contre la hausse des taxes sur l'exportation.. Bref, après trois semaines de grèves, manifestations, routes coupées et sans approvisionnement des supermarchés (et distributeurs en tous genres), on en était à la déclinaison de la pâte et de la tarte (évidemment la patate avait augmenté jusqu'à se prendre pour une truffe -une grosse -). Donc depuis quelques jours il y a de nouveau de la viande, du poulet, des patates, des œufs, du lait, du fromage, des yaourts, et même de l'huile, c'est le luxe ! Mais cette histoire de négociation en fait n'a pas terminé pour de vrai.. il se trouve qu'après 3 semaines de grèves, les exploitants se sont trouvés acculés : soit continuer et perdre toutes leurs récoltes de soja (je veux pas dire de bêtise mais il me semble que l'Argentine est le second producteur mondial... de soja OGM évidemment), soit aller récolter. Résultat : une trève de 30 jours, et on recommence ! Enfin, sans entrer dans le débat j'ai cru comprendre que les taxes visent évidemment les gros producteurs (ceux qui exportent en très gros) et que ça me paraît pas spécialement illogique de les taxer. Et puis ajoutons que le gouvernement a été obligé l'an passé de décréter un seuil minimum pour l'approvisionnement du marché intérieur : en gros, pour acheter de la bonne viande, c'est souvent difficile et cher, quand il y a une production nationale incroyable (ah ! et la vache argentine, mes amis... si vous passez par Jujuy, c'est LE lieu où vous mangerez le plus beau steack de votre vie !!). Un exemple plus proche de moi : l'huile d'olive. Catamarca est un gros producteur sud-américain, qui vise à s'étendre sur le marché mondial, mais ici on trouve peut-être deux ou trois marques d'huiles, et c'est bien-sûr le triple du prix de l'huile de soja. Donc, on profite du yaourt et de la vache, en attendant la rebelote et la conclusion.    

    Mais c'est bien ce pays, ça change pas des autres : à peine la trève avec le campo déclarée, la Kirchner vient à Paris papoter avec Naomi Campbell. Comme quoi, tout n'est pas perdu..
    Bon, comme j'ai jamais été ni très "social", ni très claire, ni très pédagogue, pour cette histoire de campo je vous renvoie au site du Petit Hergé qui suit l'actu argentine très régulièrement et qui vous explique ça beaucoup mieux, et avec des images en sus (vous le trouverez en lien sur la page d'accueil de ce blog-ci).

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