Quotidien catamarcais

Publié le par sab


actu

    Voilà, ça fait un bail que je n'ai plus donné de nouvelles de ce qui se passe du côté de Catamarca... dont acte. D'abord, ô joie !, on termine de fermer toute la partie arrière du jardin de la maison,... un mur de plus de 3m de haut pour tenter de nous séparer du terrain de foot du quartier, et, évidemment, on en est bien contents. Il nous reste la bonne ambiance des samedis après-midis footeux, avec drapeaux, confettis, tambours et chants de supporters (oui, c'est un grand stade de quartier, malheureusement). Enfin, un peu plus de tranquilité donc, et d'intimité aussi, je dirais presque de sécurité mais le chien est encore un peu trop petit pour comprendre son destin de mordeur d'enfants... même s'il est plus lourd que moi, il est pas super bon comme chien de garde.. et puis il fait des trous partout dans le jardin, c'est pas gagné. Pour le reste, le printemps est arrivé, on commence à avoir pas mal chaud, et le vent aussi, qui souffle fort ici, un vent de terre et sable qui entre partout... en une journée la maison est déjà pleine de terre. Bon comme on sait je suis pas une maniaque de la propreté, heureusement ! On a commencé à coloniser le jardin, qui jusqu'à l'an passé était pour une moitié un terrain de foot (il nous reste encore une cage de buts, on pense à en faire un super coin hamac..) et pour l'autre la forêt vierge... Donc, pleins de nouveaux arbres, de la presque pelouse (de l'herbe quoi) avec l'espoir d'avoir dès cet hiver des oranges, pamplemousses et citrons, et peut-être des prunes bientôt.. On espérait vraiment pouvoir terminer de fermer tout le terrain avant l'été pour pouvoir reconstruire l'ancienne piscine et... la remplir d'eau, mais il nous reste une énorme partie de mur à construire (genre 40m), du coup on continue de regarder la piscine avec envie, et maintenant même une petite pointe de rancune, vu qu'elle nous nargue tous les jours. En attendant, je l'utilise pour stocker mes tas de compost.. rien ne se perd.

    Côté actu boulot, on attend. C'est devenu constant, mais plusieurs boîtes nous ont demandé des devis pour des GROS travaux (retenues d'eau, lignes électriques), du coup on était super excités à l'idée de se faire un joli portefeuille bien gras.. évidemment, même les supers entreprises multimillionaires d'exploitation minière hésitent encore sur le prix à payer pour leur bonne conscience, et du coup, commencent déjà à dire qu'ils ne vont faire qu'une petite partie des travaux qu'on leur a proposés... en gros, la conscience, oui, mais pas trop. Après tout, le patrimoine, c'est pas encore une valeur qui paye ici. Donc, le gros argent et la vie de luxe, c'est pas encore pour demain. On espérait déjà pouvoir changer de voiture pour une qui démarre même quand il fait moins de 8°C, avec des vitres qui ouvrent et ferment, et des pièces qui résistent, en général, à l'utilisation.. bon, paciencia donc. En ce moment, je travaille sur un projet de traitement des déchets à Laguna Blanca, histoire de voir comment on peut résoudre le problème sans trop de difficultés et pour que la zone paraisse réellement une Réserve de Biosphère.


    Y'a du travail, autant d'organisation que de changement des mentalités : là-bas les gens jettent leur poubelles à tous vents, ou les brûlent, d'où la dissonance avec le statut de Réserve. Et puis ceux qui me connaissent savent que je peux pas m'empêcher de ramasser les déchets quand j'en vois : je vais jamais à la plage sans une poche poubelle... (maintenant que j'y pense faudrait que j'en parle à mon psy, c'est louche ...). Bref, je me lance à peine, mais ça s'annonce d'abord par un séjour sur place pour étudier ce que jettent les gens, et comment, et ensuite, solution. Il faut garder en mémoire que même à Banda de Varela (mon quartier) beaucoup de gens continuent de brûler leurs poubelles dans leur jardin, ou, mieux : ils les jettent dans la rivière (et ils y lavent aussi leur voiture, mais l'eau est fraîche quand-même, en été, et on s'y baigne igual). Sachant que Banda de Varela, même si c'est rural, c'est un faubourg (à 8 km du centre-ville) de Catamarca, capitale de la Province du même nom. Catamarca, qui ne dispose pas d'usine de traitement de déchets, où, donc, les poubelles sont réunies en bourriers et brûlées. Oui oui, là encore ceux qui me connaissent savent combien ça me hérisse le poil. Mais les usines de recyclages sont trop chères à implanter, et les usines d'incinération... je crois tout simplement que les autorités n'ont aucune envie d'investir dans une entreprise gigantesque quand 1/4 de la population est en-dessous du seuil de pauvreté... (voir à ce sujet le billet sur la pauvreté à Catamarca). Reste à les convaincre que la santé ça passe pas forcément après le reste... Y'a du travail !

    Ensuite, la semaine prochaine y'a un congrès d'archéo à Jujuy, dans le Nord, où on sera, l'occasion de faire une cure d'actu archéo, un gigantesque échange de théories d'une semaine, et puis l'occasion de se retrouver avec Pablo et Florian qui viendront de Sucre. Et puis on a prévu quelques jours de balade en Bolivie avec eux.. cool ! En parlant de ça, en juin on est allés jusqu'au nord de La Paz, à Coroico, où le climat est déjà beaucoup plus forestier (c'est l'Amazonie qui est toute proche), et on a adoré... c'est une peu hippieland comme l'appelle Daniel, mais (donc) drôlement tranquille.. du coup on aimerait s'y acheter un terrain et une maison : on a vu que pour 5.000 US$ c'est possible d'avoir quelque chose. Je précise que c'est dans
cette région humide que se cultive la coca, et que de là elle est répartie dans le reste du pays. En Argentine, plus on s'éloigne de la frontière bolivienne et plus la quantité qu'on est autorisés à transporter est petite.. je veux pas dire de bêtises mais il me semble qu'ici c'est 125g.

    J'ai mis de côté pour quelques temps la traduction du
site web et le catalogue d'inventaire de la bibliothèque du musée de Laguna Blanca (déjà près de 4.500 références, dont la plupart avec les résumés). J'avoue que ça fait du bien de sortir un peu la tête de là-dedans, c'est énorme et j'ai tendance à me laisser écraser. Mais je sais que j'ai déjà fait le plus important, je reste tranquille pour terminer...

    Pas plus de changements ces derniers temps, j'aimerais beaucoup pouvoir voir les gens qui sont restés en France (ou en Espagne, ou en Italie), en attendant j'espère qu'ils vont se motiver pour venir jusqu'ici !! A bon entendeur... Adichats !!

<<Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones

Publié dans ma vie - mon œuvre

Commenter cet article