Enawene Nawe

Publié le par sab

    “Nous, Enawene Nawe, sommes totalement opposés aux barrages. Nous ne voulons ni voiture ni argent. Nous ne pensons qu’aux poissons et à l'eau. Les barrages entraîneront notre mort, car ils déclencheront la colère incontrôlable des esprits”. Lettre ouverte des Enawene Nawe, 2007.

OÙ VIVENT-ILS ?
Les Enawene Nawe vivent dans une région de savanes et de forêt tropicale de l'Etat du Mato Grosso, à l'ouest du Brésil. Une grande partie de cette forêt est aujourd’hui convertie à vive allure en pâturages et plantations de soja qui commencent à empiéter sur le territoire des Indiens.

QUI SONT-ILS ?
Les Enawene Nawe sont un petit groupe d’Indiens isolés contactés pour la première fois en 1974, alors qu'ils n'étaient que 97. Ils sont aujourd'hui environ 450 et vivent dans un seul village. De grandes maisons communautaires, chacune habitée par plusieurs familles nucléaires, sont réparties autour d'une place centrale où sont pratiqués les rituels et les activités communautaires.

Contrairement aux autres peuples d'Amazonie, les Enawene Nawe ne consomment pas de viande rouge. Le poisson a une place essentielle dans leur alimentation mais aussi dans leurs rituels comme le Yãokwa, un échange de nourriture entre les humains et les esprits qui dure quatre mois.

QUEL EST LEUR PROBLÈME ?
Bien que la majeure partie du territoire enawene nawe ait été officiellement reconnue par le gouvernement brésilien en 1996, une zone cruciale pour les Indiens, le rio Preto, où ils se réunissent chaque année pour pêcher à la nivrée et boucaner le poisson, n'a pas été inclue.

Cette région est désormais envahie par des éleveurs qui abattent la forêt pour y installer leurs troupeaux et qui polluent les rivières avec des pesticides. Les Enawene Nawe ont entrepris des démarches pour amener le gouvernement brésilien à reconnaître leur droit de propriété sur le Rio Preto avant qu'il ne soit trop tard.

Le gouvernement de l'Etat du Mato Grosso a, de surcroît, annoncé son intention de construire un vaste complexe de barrages hydroélectriques sur la rivière Juruena qui traverse le territoire des Enawene Nawe. Les Indiens y sont fermement opposés : ils sont conscients que les barrages détruiront les zones de pêche dont ils dépendent pour leur survie, les poissons ne pouvant plus atteindre leurs frayères.

COMMENT LES AIDER ?
Ecrivez au gouvernement brésilien en vous inspirant du texte ci-dessous ou en écrivant librement. "Je suis extrêmement préoccupé(e) par la situation des Enawene Nawe de l'Etat du Mato Grosso. Leur territoire ancestral de la région du Rio Preto est envahi et pollué à grande allure par les fermes d'élevages. Il est urgent que le Rio Preto soit démarqué avant qu'il ne soit trop tard. Je vous exhorte également à renoncer de toute urgence au projet de barrages hydroélectriques sur la rivière Juruena qui détruiront le mode de vie des Indiens".

Envoyez vos lettres à :

Monsieur Tarso Genro
Ministre de la Justice
Ministério da Justiça
Esplanada dos Ministérios, Bloco T
70064-900, Brasília DF
Brésil
Fax: 55 61 3322 6817/3321 1565
gabinetemj@mj.gov.br

Dr Márcio Meira
President – FUNAI
SEP Quadra 702 Sul
Edificio Lex, Bl A, 3º andar
70390-025, Brasília DF
Brésil
Fax: 55 61 3226 8782
marcio.meira@funai.gov.br

Pour plus d'informations, consultez le site :
www.survivalfrance.org

POURQUOI AGIR ?
La campagne en faveur des droits des Enawene Nawe a déjà eu des résultats positifs. En 1998, des producteurs de soja du Mato Grosso avaient illégalement entrepris de construire une route à travers leur territoire pour faciliter le transport de leur récolte. Plusieurs Indiens en sont morts. Après les protestations de Survival et d'autres groupes de soutien au Brésil, la route, déclarée illégale par le tribunal, avait été fermée.

CHRONOLOGIE
1974
Premier contact des Enawene Nawe avec des missionnaires jésuites.

1987
Vicente Cañas, missionnaire, est assassiné par des fermiers locaux après avoir milité pour les droits territoriaux des Enawene Nawe.

1996
La majeure partie du territoire des Enawene Nawe est officiellement reconnue par le gouvernement brésilien mais une zone vitale de pêche, le Rio Preto, n'est pas inclue.

1998
Les producteurs de soja construisent illégalement une route à travers le territoire des Enawene Nawe, route déclarée illégale par le tribunal et fermée.

2006
Le gouvernement du Mato Grosso annonce la construction de 11 barrages hydroélectriques sur la rivière Juruena.

29 Juin 2007. Brésil : la barricade des Enawene Nawe a porté ses fruits

Le gouvernement brésilien a répondu favorablement aux principales revendications des Enawene Nawe qui avaient bloqué une route principale pour manifester leur opposition à un projet de barrages. La Funai, le département brésilien des affaires indiennes, inspectera les terres revendiquées par les Enawene Nawe et d’autres groupes dans le but de les reconnaître officiellement comme territoires indigènes.

En mai dernier, les Enawene Nawe, un groupe isolé d’Indiens amazoniens de l’Etat du Mato Grosso, avaient érigé pendant trois jours des barricades pour protester contre le projet de construction d’une série de barrages hydroélectriques sur le fleuve Juruena. Ils revendiquaient également la reconnaissance officielle des zones de pêche essentielles à leur survie dans la région du Rio Preto, qui subit actuellement une intense déforestation pour faire place à l’élevage.

Plusieurs communautés indiennes voisines s’étaient jointes à la protestation des Enawene Nawe, portant à plus de 200 le nombre de manifestants.

Le gouvernement a rapidement réagi en envoyant plusieurs émissaires négocier avec les Indiens sur le lieu même de la barricade. Il a accepté de financer le déplacement à Brasilia de représentants de plusieurs communautés pour y rencontrer le président de la Funai.

Malgré ces signes de bonne volonté, le projet de barrage semble ne pas avoir été interrompu.

Publié dans social

Commenter cet article

sab 30/10/2008 12:07

Pour sauver leur rivière, des Indiens enawene nawe d'Amazonie brésilienne ont occupé samedi dernier (11/10/08) le site d’un important barrage hydroélectrique détruisant du matériel dans le but d’interrompre son activité.

Les Enawene Nawe affirment que les 77 barrages prévus sur le rio Juruena vont polluer la rivière et empêcher les poissons d’atteindre leurs zones de reproduction. Le poisson est une ressource vitale pour les Enawene Nawe, qui ne consomment pas de viande ; il joue également un rôle essentiel dans leurs rituels.

"Si le poisson devient malade et meurt, alors il en sera de même pour les Enawene Nawe", a déclaré un des membres de la communauté.

Les compagnies dirigées par la famille Maggi, le plus grand producteur de soja au monde, poussent à la construction de ces barrages. Le baron du soja, Blairo Maggi, est également gouverneur de l'Etat du Mato Grosso.

Fiona Watson, chargée de campagne de Survival, s'est récemment rendue chez les Enawene Nawe. Elle est disponible pour entretien.

sab 16/06/2008 01:00

Le 18 mai dernier, des Indiens enawene nawe ont élevé une barricade sur un pont dans l'Etat du Mato Grosso, au Brésil, pour protester contre le projet d'un complexe hydroélectrique comportant plusieurs barrages dont la construction est prévue en amont de leur territoire. La barricade a été levée cinq jours plus tard, après la promesse des autorités d'organiser une rencontre pour discuter de leurs préoccupations.

Le gouvernement de l'Etat du Mato Grosso envisage de construire plusieurs barrages hydroélectriques sur la rivière Juruena. Plusieurs compagnies à la tête desquelles se trouve le plus grand producteur de soja au monde, la famille Maggi, font pression en faveur de ces barrages. Mais les Enawene Nawe, qui ne consomment pas de viande, affirment que la présence des barrages empêchera les poissons dont ils dépendent exclusivement d'atteindre leurs zones de reproduction.

Les Enawene Nawe ont monté cette barricade avec d'autres Indiens amazoniens : les Rikbaktsa, les Cinta Larga, les Arara, les Mynky, les Irantxe, les Kayabi, les Apiaka et les Munduruku. Les Indiens demandent également des compensations pour les barrages déjà en cours de construction sur des terres indigènes et l'amélioration des services de santé que le gouvernement fournit aux peuples indigènes de la région.

sab 16/06/2008 00:59

Un juge brésilien a estimé que les Enawene Nawe avaient le droit de pratiquer la pêche sur le rio Preto, leur plus importante source de poissons.

Ce jugement clôt la procédure entamée l'année dernière par des propriétaires terriens locaux qui avaient obtenu une injonction interdisant aux Indiens de construire sur la rivière des camps de pêche et des barrages destinés à capturer les poissons. Les Enawene Nawe avaient contesté cette injonction devant les tribunaux.

Dans son jugement, le juge reconnaît le rio Preto, dans l'Etat du Mato Grosso, comme étant "à la fois une région sacrée et une source d'alimentation pour la communauté indigène du territoire enawene nawe". Un représentant enawene nawe a indiqué à Survival que toute la communauté était satisfaite de la décision du juge et que la région était désormais devenue paisible.

Chaque année, les Enawene Nawe remontent le Rio Preto en canoë pour y construire des barrages et des campements de pêche provisoires où ils restent plusieurs mois à pêcher et boucaner le poisson. Cette activité fait partie du rituel annuel "yankwa" au cours duquel de la nourriture est échangée afin d'apaiser les esprits "yakairiti". Kawari, un aîné enawene nawe, explique : « Tout ce territoire [la région du rio Preto] appartient aux yakiriti – nos esprits ancestraux. Ils sont les maîtres des rivières, des poissons et des arbres. Si vous les épuisez, les yakiriti se vengeront et tueront tous les Enawene Nawe'.

Les Enawene Nawe font pression sur le gouvernement brésilien pour qu'il reconnaisse leurs droits de propriété sur cette région, d’une importance capitale pour eux sur le plan symbolique et économique parce que particulièrement riche en poissons et en noix et fruits de la forêt. Ces dix dernières années, les éleveurs de bétail ont progressivement envahi et défriché la région. Certains ont usé de violences et de manœuvres d'intimidation telles que l’incendie des camps de pêche pour forcer les Indiens à quitter la zone.