Iles Andaman

Publié le par sab

Et après les Jarawa, quoi ?

Outre les Jarawa, trois autres tribus vivent dans les îles Andaman : les Grands Andamanais, les Onge et les Sentinele. Toutes auraient quitté l'Afrique pour les îles Andaman il y a plus de 60.000 ans. Les langues de ces tribus n'étant pas intelligibles entre elles, on peut penser que ces peuples ont vécu séparés les uns des autres après leur arrivée sur ces îles. On constate en revanche de nombreuses similarités dans leur mode de vie, tous vivent de chasse et de cueillette dans la forêt ainsi que de pêche dans les eaux côtières. Depuis la première colonisation des îles par les Britanniques il y a 150 ans, chaque tribu a évolué différemment.

Les Grands Andamanais

« Je crois que les Jarawa auront à subir ce que nous avons subi... »
Lichu, une femme de la tribu des Grand Andmanais

Des quatre tribus andamannes, les Grands Andamanais sont ceux qui ont le plus souffert de la colonisation. À l'arrivée des Britanniques il y a 150 ans, ils représentaient une population de 5.000 personnes ; ils ne sont plus aujourd'hui que 41. Des centaines de Grands Andamanais furent tués en défendant leur territoire contre les colons britanniques. Les Britanniques changèrent alors de tactique et établirent un ‘refuge andamanais' où les autochtones faits prisonniers étaient détenus. Maladies et mauvais traitements y régnaient et des 150 enfants nés dans ce ‘refuge', aucun ne survécut au-delà de l'âge de deux ans. En 1970, les autorités indiennes transférèrent la vingtaine d'individus restants sur l'îlot de Strait Island où ils dépendent depuis entièrement du gouvernement pour leur nourriture, leur habillement et leur habitat. L'abus d'alcool, souvent fourni par les fonctionnaires, se répand parmi les derniers Grands Andamanais.

Les Onge

« Je crois que je ne pourrai pas me marier parce qu'il n'y a plus de fille onge à marier. Mon peuple pourrait s'éteindre parce que bientôt, plus aucun bébé ne verra le jour ».
Un jeune Onge, Dugong Creek.

Les Onge ont également été décimés à la suite du contact avec les Britanniques et les Indiens ; de 670 en 1900, la population onge est aujourd'hui tombée à environ 100 individus. Le gouvernement indien a tenté en vain de forcer les Onge à travailler dans une plantation sur leur île de Little Andaman. Aujourd'hui, à l'instar des Grands Andamanais, les Onge sont dépendants de l'aide gouvernementale. Des colons indiens se sont maintenant établis sur Little Andaman et une grande partie de l'île a été déboisée. La chasse aux porcs est une activité importante dans la vie des Onge, un homme ne pouvant se marier qu'après en avoir tué un. Pourtant, les Onge se plaignent aujourd'hui des étrangers qui chassent tous leurs cochons, entraînant une baisse de leur taux de fécondité déjà très bas. Survival mène campagne pour que le territoire des Onge soit protégé des personnes venant de l'extérieur.

Les Sentinele

Les Sentinele vivent sur la petite île de North Sentinel ; ils continuent de résister à tout contact avec l'extérieur et attaquent quiconque s'approchant de trop très. Ils vivent dans de longues huttes communautaires comportant plusieurs foyers et, tout comme les Onge, ils naviguent sur la mer autour de leur île à l'aide de canoës à balanciers. La population sentinele compte, à ce que l'on sait, entre 50 et 200 individus. Le gouvernement indien a vainement tenté, à plusieurs reprises, d'entrer en contact amical avec eux. Contacter les Sentinele aurait très certainement des conséquences désastreuses, leur isolement les rendant très vulnérables aux maladies contre lesquelles ils n'ont aucune immunité. Alors que les eaux côtières de la réserve des Jarawa sont abondamment exploitées par les braconniers, les pêcheurs clandestins se tournent désormais vers les eaux entourant l'île de North Sentinel. Survival presse les autorités andamannes de cesser toute tentative de contact avec les Sentinele et de mettre un terme au braconnage autour de leur île.

 

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