CADTM

Publié le par sab

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La tâche la plus urgente n'est pas de livrer, comme le font la Banque mondiale et le FMI, les démunis à l'appétit des nantis, mais de préserver durablement les garanties sociales ou écologiques obtenues, au prix souvent de dures luttes par certains. Puis d'étendre ces garanties à tous les terriens.”
Albert Jacquard, J'accuse l'économie triomphante, 1995.

Qu'est-ce que le CADTM ?

Fondé en Belgique le 15 mars 1990, le Comité pour l'annulation de la dette du Tiers Monde (CADTM) est un réseau international constitué de membres et de comités locaux basés en Europe, en Afrique, en Amérique latine et en Asie. Il agit en coordination avec d'autres organisations et mouvements luttant dans la même perspective. Son travail principal, à partir de la problématique de la dette, consiste en la réalisation d'actions et l'élaboration d'alternatives radicales visant la satisfaction universelle des besoins, des libertés et des droits humains fondamentaux.
Depuis sa création, le CADTM est une association pluraliste constituée de personnes morales et de personnes physiques. Une association qui ancre son action au carrefour des luttes des mouvements sociaux populaires, des mouvements d'éducation permanente, des syndicats, des comités de solidarité internationale et des ONG de développement. Membre du conseil international du Forum social mondial, le CADTM s'inscrit pleinement dans le mouvement citoyen international qui lutte pour “d'autres mondes” possibles, ébauchant les traits d'une mondialisation alternative à celle que les promoteurs du modèle capitaliste néolibéral globalisé présentent comme l'horizon indépassable du bonheur des peuples, l'état naturel de la société, la “fin de l'Histoire” tenue de s'imposer à toutes et tous, et en tous lieux.
Partie prenante de ce “mouvement altermondialiste” qui récuse les dogmes néolibéraux, le CADTM se donne pour mission de contribuer à l'émergence d'un monde fondé sur la souveraineté des peuples, la solidarité internationale, l'égalité, la justice sociale. Le CADTM a pour objet “d'améliorer l'information et la formation sur les problèmes de développement et en particulier dans le cadre des relations 'Nord-Sud'; de prendre toutes initiatives, d'organiser toutes actions, de diffuser toutes informations et de réaliser tous projets de nature à favoriser la solidarité internationale entre citoyennes et citoyens du monde, qu'ils vivent au Nord ou au Sud, à l'Est ou à l'Ouest; de favoriser l'émergence d'un monde plus juste dans le respect de la souveraineté des peuples, de la justice sociale, de l'égalité entre les hommes, et entre ceux-ci et les femmes.”
(Extrait des statuts parus au Moniteur belge - l'équivalent du Journal officiel français -, 6 février 1992). Les projets, outils et activités qu'il développe à cette fin s'inscrivent dans une dynamique associant la recherche et l'action: publications (ouvrages, articles, analyses, revue…), conférences-débats, séminaires, formations, rencontres et manifestations internationales, campagnes de sensibilisation, concerts, etc. Le CADTM est à la fois un mouvement d’éducation permanente en milieu populaire et un réseau orienté vers l’action. L'objectif premier du CADTM - son angle d'attaque - est l'annulation de la dette extérieure publique des pays de la Périphérie (Tiers Monde et ex-bloc soviétique) et l'abandon des politiques d'ajustement structurel imposées par le trio Fonds monétaire international (FMI), Banque mondiale, Organisation mondiale du Commerce (OMC). Il s'agit de mettre un terme à la spirale infernale de l'endettement et de parvenir à l'établissement de modèles de développement socialement justes et écologiquement soutenables. Pour le CADTM, l'annulation de la dette extérieure publique des pays de la Périphérie n'est cependant pas une fin en soi. Elle est bien davantage un moyen, une condition nécessaire mais non suffisante au développement véritablement soutenable et socialement juste qu'il s'agit de promouvoir, tant au Sud qu'au Nord de la planète.

Objectifs et revendications

Le CADTM se fixe quatre missions principales:
- Proposer une analyse approfondie des origines et des conséquences de la dette de la Périphérie et des possibilités techniques et politiques de son annulation;
- Elaborer des alternatives de financement du développement humain et de transformation radicale de l'architecture institutionnelle et financière internationale;
- Définir les voies menant à la garantie universelle des droits fondamentaux;
- Renforcer les mouvements sociaux et les réseaux citoyens aux niveaux national et international; interpeller les représentants politiques à chacun de ces niveaux afin de les amener à garantir les droits humains fondamentaux et à mettre en œuvre les alternatives portées par le CADTM et les mouvements sociaux.

L'évolution de l'économie mondiale au cours des deux dernières décennies a montré que les peuples de la Périphérie ne pouvaient obtenir la satisfaction des droits humains par le biais de marchés financiers instables et concentrés sur une vingtaine de pays en développement. Parallèlement, les conditionnalités des prêts du FMI et de la Banque mondiale, appuyées par le Club de Paris, le cartel des pays les plus industrialisés, ont entraîné des réformes macroéconomiques qui creusent les inégalités, génèrent un appauvrissement massif et pérennisent l'endettement ainsi que la soumission au marché mondial dominé par les transnationales des pays les plus industrialisés.
Aussi est-il nécessaire que les peuples se libèrent de la dépendance envers les marchés financiers et les prêts multilatéraux en mettant en pratique un modèle alternatif comprenant plusieurs axes fondamentaux: une complémentarité Sud-Sud, une redistribution de la richesse pour mettre fin aux scandaleuses inégalités sociales, la création de fonds de développement importants et démocratiquement contrôlés par les parlements et par les citoyens des pays concernés. Ceci implique l'établissement d'un mécanisme de surveillance transparent et efficace, et, de manière plus générale, de mécanismes de participation populaire directe et démocratique permettant l'élaboration et la prise en mains par les citoyen(ne)s des projets de société qui engagent leur avenir.
Comment seraient alimentés ces fonds de développement ? D'abord, bien entendu, par les sommes libérées par l'annulation de la dette de la Périphérie. Depuis 1980, celle-ci a été remboursée huit fois ! Mais elle a quadruplé depuis lors. Cette dette, dont une large part n'a jamais profité aux populations locales, est illégitime. Elle implique des transferts massifs de capitaux du Sud vers les créanciers du Nord (quelque 300 milliards de dollars annuels), les capitalistes du Sud prélevant leur commission au passage. Le remboursement de la dette se fait au détriment des budgets sociaux et entraîne une “re-colonisation économique” de la Périphérie par les transnationales et les gouvernements des pays les plus industrialisés.
Les classes dominantes des pays de la Périphérie participent du système capitaliste mondial globalisé et tirent elles-mêmes avantage de l'endettement externe de leur pays. Elles placent dans les pays les plus industrialisés les capitaux qu'elles ont accumulés grâce à l'exploitation des salariés et des petits producteurs (paysans et artisans) de leur pays. Ensuite, elles empruntent des capitaux aux banques du Nord et sur les marchés financiers des pays les plus industrialisés. Leurs emprunts bénéficient le plus souvent de la garantie de l'Etat et, en cas de non-remboursement, sont pris en charge par les pouvoirs publics de la Périphérie, ce qui alourdit la dette externe publique.
De leur côté, les transnationales (y compris les banques) des pays les plus industrialisés et les institutions internationales qui défendent leurs intérêts (FMI, Banque mondiale, Organisation mondiale du commerce, Club de Paris…) mettent en coupe réglée l'ensemble de la planète en commençant par la Périphérie, considérée comme une vaste réserve de matières premières et de main d'œuvre à bon marché. Elles utilisent l'arme de la dette pour dicter aux gouvernements de la Périphérie des mesures économiques (appelées “ajustement structurel”) qui permettent, de fait, de les recoloniser. L'exploitation des ressources naturelles (pétrole, or, diamant, eau, bois, etc.) repasse sous le contrôle direct des transnationales; les principaux services publics sont privatisés (eau, santé, éducation, électricité, télécommunications…); le modèle du “tout pour l'exportation” se renforce… Les grandes orientations politiques et économiques tendent à être prises dans les capitales des Etats créanciers et sont ensuite appliquées par les gouvernements des pays endettés. Les cultures nationales sont laminées par l'invasion culturelle principalement “made in USA”.

Le CADTM, on l'a dit, considère l'annulation de la dette comme un préalable indispensable mais non suffisant. Il revendique également : - Le versement par les pays les plus industrialisés de réparations en dédommagement du pillage perpétré depuis des siècles dans les pays de la Périphérie. Les cinq derniers siècles, en particulier, ont été jalonnés par la conquête coloniale, par la traite et la déportation des Noirs, par l'extermination de populations, l'anéantissement de cultures locales, voire de civilisations entières, l'épuisement des ressources et la destruction de l'environnement. L'asservissement par le système de l'endettement externe est une forme supplémentaire de pillage. Cela ouvre le droit des peuples de la Périphérie, victimes de ce pillage, à percevoir des réparations. Les pays les plus industrialisés ont contracté au cours de l'histoire une dette historique et écologique à l'égard de ces peuples. Il faut transformer l'aide publique au développement (APD) en dons destinés aux fonds de réparation.
Sur base de l'engagement pris par les pays industrialisés notamment lors de la conférence de Rio en 1992 (atteindre une APD d'au moins 0,7% du produit national brut - PNB), il faut tripler les montants consacrés à l'aide publique et la rebaptiser “fonds de réparation” (la moyenne de cette aide publique allouée par les pays du Nord s'élevait en 2003 à 0,23% de leur Produit intérieur brut). Le CADTM apporte donc son soutien aux mouvements sociaux africains qui, lors de la conférence de l'ONU contre le racisme à Durban au début septembre 2001, ont exigé réparation pour les crimes commis au cours de l'Histoire contre leurs peuples, notamment la traite des Noirs et l'esclavage. Le CADTM apporte également son soutien aux mouvements qui luttent pour la reconnaissance de la dette écologique.
- La rétrocession des biens mal acquis par les élites du Sud: les peuples du Sud ont été spoliés par les pires dictatures, souvent soutenues par les pays du Nord et profitant d'un système d'impunité structurel. Cette spoliation se poursuit dans le cadre de la soi-disant “bonne gouvernance”. La suppression du contrôle des mouvements de capitaux dictée par les institutions financières internationales favorise une délocalisation massive des capitaux et facilite le blanchiment de l'argent du crime. Les biens mal acquis doivent être rétrocédés aux populations qui ont été dépouillées, ce qui implique la réalisation d'enquêtes internationales et la levée du secret bancaire ;
- La taxation des transactions financières (taxe de type Tobin): en présumant du fait que l'introduction d'une telle taxe calmerait quelque peu la frénésie spéculatrice des opérateurs et diminuerait le volume des transactions à 500 milliards de dollars par jour (de l'ordre de 1.250 milliards par jour en 2003), une taxe de 0,1% dégagerait annuellement 120 milliards de dollars ;
- L'établissement d'un impôt mondial exceptionnel sur les grosses fortunes, tel que l'a proposé la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) en 1995 ;
- L'établissement d'un programme international de conversion des dépenses militaires en dépenses sociales et culturelles.

Ces diverses mesures alimenteraient des fonds de développement s'élevant à plusieurs centaines de milliards de dollars – alors que les Nations unies évaluent à 80 milliards de dollars la somme annuellement nécessaire, pendant dix ans, pour assurer un accès universel aux services sociaux de base (en plus des sommes déjà allouées actuellement à ces objectifs). Ces fonds permettraient aux pays du Sud d'établir progressivement des modèles de développement largement financés par leur épargne intérieure, intégrés en zones régionales et adaptés à leurs richesses naturelles et culturelles spécifiques.
Répétons-le : à cet égard, la participation active des citoyennes et citoyens du Sud (notamment à travers les institutions parlementaires) dans les prises de décision qui les concernent directement est fondamentale. En outre, toute conditionnalité macroéconomique d'ajustement structurel imposée par les créanciers doit être abolie.

Le CADTM se prononce également pour l'établissement d'une nouvelle architecture économique et financière internationale. Revendication qui implique notamment :
- La réforme radicale ou le remplacement du FMI, de la Banque mondiale, ainsi que de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) ;
- Le contrôle des marchés financiers. Aucun financement du développement ne peut être efficace sans que les marchés financiers, hautement opaques et spéculatifs, ne soient contrôlés. Cela implique d'assurer la “traçabilité” et la transparence de toutes les opérations financières et de contrôler les mouvements de capitaux au niveau international.
- La suppression des paradis fiscaux.

Enfin, le CADTM considère l'émancipation des femmes comme partie intégrante de ses objectifs et de ses revendications prioritaires. Il demande la réduction généralisée du temps de travail.
Il appuie également la lutte des mouvements de sans-papiers et des collectifs qui les soutiennent, dénonçant les centres fermés, les expulsions et les politiques sécuritaires et d'exclusion. Il soutient les mouvements et les citoyen(ne)s du Sud et du Nord qui revendiquent une réforme agraire radicale, la souveraineté alimentaire et s'opposent à l'expérimentation, à la mise en culture et à la commercialisation d'organismes génétiquement modifiés (OGM). Il s'oppose à la criminalisation et à la répression de ces mouvements sociaux - et de la contestation en général.
Plus globalement, pour le CADTM, tous les peuples doivent pouvoir disposer du droit de concevoir leur propre développement sans être tenus de se référer au modèle dominant dont les ravages sociaux et écologiques sont patents. Il faut mettre en place une architecture internationale nouvelle, dont la fonction sera d'appliquer la Déclaration universelle des droits de l'Homme, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, les Accords multilatéraux sur l'environnement, les conventions de base de l'Organisation internationale du travail (OIT), la convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, la Convention européenne des Droits de l'Homme, la Convention de Genève, etc. Le rôle démocratique des Etats membres des institutions internationales est à ce sujet primordial: les parlements, après audition des ministères, des syndicats, des ONG et des associations concernés, devraient rédiger un rapport annuel contraignant sur les politiques menées par leurs gouvernements au sein de ces organisations, avec le souci majeur de faire coïncider ces politiques avec la réalisation des droits fondamentaux.
A cet égard, le CADTM soutient le principe de l'indivisibilité des droits: les droits économiques, sociaux, culturels et environnementaux doivent être défendus avec la même vigueur que les droits civils et politiques. Ce qui implique, dans un premier temps, l'adoption d'un protocole tel que demandé en 1993 par la conférence de Vienne, et, dans un second temps, de pouvoir juger certains crimes économiques comme des crimes contre l'humanité imprescriptibles par nature. Le premier devoir de la justice, où que ce soit, doit être de faire respecter les droits humains fondamentaux, au Nord comme au Sud. Toute politique doit être guidée par cette priorité.

LE site : www.cadtm.org.

À tous ceux qui combattent pour les valeurs humaines de démocratie, liberté et justice. À tous eux qui s'efforcent de résister au crime mondial appelé "néolibéralisme" et qui aspirent à ce que 'humanité et l'espoir d'être meilleurs soient synonymes d'avenir.
À tous les individus, groupes, collectifs, mouvements, organisations sociales, citoyennes et politiques, aux syndicats, aux associations de quartier, aux coopératives, à toutes les gauches passées et à venir; aux organisations non gouvernementales, groupes de solidarité avec les luttes des peuples du monde, aux bandes, tribus, intellectuels, indigènes, étudiants, musiciens, ouvriers, artistes, enseignants, paysans, groupes culturels, mouvements de jeunes, médias alternatifs, écologistes, habitants des banlieues, lesbiennes, homosexuels, féministes, pacifistes.
À tous les êtres humains privés de toit, privés de terre, privés de travail, privés de nourriture, privés de santé, privés d'éducation, privés de liberté, privés de justice, privés d'indépendance, privés de démocratie, privés de paix, privés de patrie, privés de lendemain.
A tous ceux qui, sans distinction de couleur, de race ou de frontières, portent les armes et les couleurs de l'espoir.
L'humanité vit dans chacune de nos poitrines et, comme le cœur, elle préfère le côté gauche. Il faut la retrouver, il faut nous retrouver. Il n'est pas nécessaire de conquérir le monde. II suffit de le refaire. Nous. Aujourd'hui.

Démocratie ! Liberté ! Justice !

Depuis les montagnes du Sud-Est mexicain.
Pour le Comité clandestin révolutionnaire indigène,
Commandement général de l'Armée zapatiste de libération nationale,
sous-commandant insurgé Marcos, janvier 1996.

Aux peuples du monde.
Frères,
Ces dernières années, le pouvoir de l'argent a présenté sous un nouveau masque son visage criminel. Par-dessus les frontières, sans distinction de race ou de couleur, le pouvoir de l'argent humilie les dignités, insulte les honnêtetés et assassine les espérances. Rebaptisé “néolibéralisme”, le crime historique de la concentration de privilèges, de richesses et d'impunités démocratise la misère et le désespoir. Une nouvelle guerre mondiale se livre, mais contre l'humanité tout entière à présent. Comme dans toutes les guerres mondiales, ce qui est recherché, c'est un nouveau partage du monde. Cette guerre moderne qui assassine et oublie porte le nom de “mondialisation”. Le nouveau partage du monde consiste à concentrer du pouvoir au pouvoir et de la misère dans la misère.
Le nouveau partage du monde exclut les “minorités”. Indigènes, jeunes, femmes, homosexuels, lesbiennes, gens de couleur, immigrés, ouvriers, paysans; les majorités qui forment les sous-sols du monde, le pouvoir ne les voit que comme des minorités superflues.
Le nouveau partage du monde exclut les majorités. L'armée moderne du capital financier et des gouvernements corrompus avance en conquérant de la seule façon qu'elle connaît : la destruction.
Le nouveau partage du monde détruit l'humanité. (…)
Contre l'internationale de la terreur que représente le néolibéralisme, nous devons élever l'internationale de l'espoir. L'unité, par-dessus les frontières, les langues, les couleurs, les cultures, les sexes, les stratégies, et les pensées, de tous ceux qui préfèrent l'humanité vivante. L'internationale de l'espoir. Pas la bureaucratie de l'espoir, pas l'image renversée et, par là même, semblable à ce qui nous anéantit. Pas le pouvoir sous un signe ou un habillage nouveau. Mais un souffle, le souffle de la dignité. Une fleur, la fleur de l'espoir. Un chant, le chant de la vie. (…)

Sous-commandant insurgé Marcos, La Realidad, Chiapas, Mexique, janvier 1996

Deuxième déclaration de La Realidad, pour l'humanité et contre le néolibéralisme (La Realidad, Chiapas, Mexique, août 1996)
Frères et sœurs d'Afrique, d'Asie, d'Amérique, d'Europe et d'Océanie,
Considérant que, tous et toutes, nous sommes :
Contre l'internationale de la mort, contre la globalisation de la guerre et de l'armement. Contre la dictature, contre l'autoritarisme, contre la répression. Contre les politiques de libéralisation économique, contre la faim, contre la pauvreté, contre le vol, contre la corruption. Contre le patriarcat, contre la xénophobie, contre la discrimination, contre le racisme, contre le crime, contre la destruction de l'environnement, contre le militarisme. Contre la stupidité, contre le mensonge, contre l'ignorance. Contre l'esclavage, contre l'intolérance, contre l'injustice, contre l'exclusion, contre l'oubli. Contre le néolibéralisme.
Considérant que, tous et toutes, nous sommes :
Pour l'internationale de l'espoir, pour la paix nouvelle, digne et juste. Pour la nouvelle politique, pour la démocratie, pour les libertés politiques. Pour la justice, pour la vie digne et le travail digne. Pour la société civile, pour que les femmes aient pleinement leurs droits sur tous les plans, pour le respect des vieux, des jeunes, des enfants, pour la défense et la protection de l'environnement. Pour l'intelligence, pour la culture, pour l'éducation, pour la vérité. Pour la liberté, pour la tolérance, pour l'inclusion, pour la mémoire. Pour l'humanité.
Nous déclarons :
1. Que nous formerons un réseau collectif de toutes nos luttes et résistances particulières. Un réseau intercontinental de résistance contre le néolibéralisme, un réseau intercontinental de résistance pour l'humanité. Ce réseau intercontinental de résistance cherchera, en reconnaissant les différences, en découvrant les similitudes, à rencontrer d'autres résistances dans le monde entier. Ce réseau intercontinental de résistance sera le moyen qui permettra aux différentes résistances de se soutenir mutuellement. Ce réseau intercontinental de résistance n'est pas une structure d'organisation, n'a ni centre qui oriente ou décide, ni direction centrale, ni hiérarchie. Le réseau, c'est nous tous qui résistons.
2. Que nous formerons un réseau de communication entre toutes nos luttes et résistances. Un réseau intercontinental de communication alternative contre le néolibéralisme, un réseau intercontinental de communication alternative pour l'humanité. Ce réseau intercontinental de communication alternative cherchera à tisser les voies qui ouvriront à la parole tous les chemins de résistance. Ce réseau intercontinental de communication alternative sera le moyen qui permettra aux diverses résistances de communiquer entre elles. Ce réseau intercontinental de communication n'est pas une structure d'organisation, n'a ni centre qui oriente ou décide, ni direction centrale, ni hiérarchie. Le réseau, c'est nous tous qui parlons et écoutons.
Nous déclarons ceci :
Parler et écouter, pour l'humanité et contre le néolibéralisme.
Résister et lutter, pour l'humanité et contre le néolibéralisme. Pour le monde entier : Démocratie ! Liberté ! Justice ! Depuis n'importe quelle réalité de n'importe quel continent... (…)
Nous sommes toujours des gêneurs. Ce que nous disent les théoriciens du néolibéralisme, à savoir qu'ils ont tout bien en main, y compris ce qui leur échappe, est faux. Nous ne sommes pas une soupape de sécurité pour la rébellion qui peut déstabiliser le néolibéralisme. Il est faux que notre existence rebelle légitime le pouvoir. Le pouvoir nous craint. C'est pour cela qu'il nous pourchasse et nous assiège. C'est pour cela qu'il nous emprisonne et nous tue. Nous sommes, en réalité, une possibilité qui peut le vaincre et le faire disparaître. Nous ne sommes peut-être pas très nombreux, mais nous sommes des hommes et des femmes qui luttons contre le néolibéralisme. Nous sommes des hommes et des femmes qui luttons partout dans le monde. Nous sommes des hommes et des femmes qui voulons, pour les cinq continents :
Démocratie ! Liberté ! Justice !

Les réseaux ou organisations internationales avec lesquels le CADTM collabore

Babels et Coorditrad, réseaux internationaux d'interprètes et de traducteurs volontaires.
Babels
info@babels.org
Le lien : www.babels.org 

Coorditrad
coorditrad@attac.org

Africa Monde Canada
aqca@hotmail.com

African forum and network on debt and development (AFRODAD).
AFRODAD est une organisation régionale africaine pour le développement et contre la dette.
Box CY 1517, Causeway, Harare, Zimbabwe.
Tél.: (++ 263) 4 702093 / 792441 / 250253 / 792445
Fax: (++ 263) 4 702143
afrodad@samara.co.zw
afrodad@afrodad.co.zw
Le lien : www.afrodad.org

Arab NGO network for development (ANND).
L'ANND regroupe 45 réseaux et ONG de 12 pays arabes, et travaille à renforcer les organisations de la société civile dans les pays arabes. L'ANND se consacre notamment à des programmes relatifs au développement, à la démocratie et à la mondialisation.
P.O. Box 14/5792, 1105 2070 Beyrouth, Liban
Tél.: (++ 961) 1 319 366
Fax: (++ 961) 1 815.636
info@annd.org
Le lien : www.annd.org

ATTAC (Association pour la taxation des transactions financières pour l'aide aux citoyens).
Association née en France le 3 juin 1998, ATTAC se veut “mouvement d'éducation populaire tourné vers l'action”. Parmi ses objectifs: “Produire et communiquer de l'information, promouvoir et mener des actions de tous ordres en vue de la reconquête, par les citoyens, du pouvoir que la sphère financière exerce sur tous les aspects de la vie politique, sociale et culturelle dans l'ensemble du monde” (statuts d'ATTAC, article premier).
Le lien : www.attac.org

Confédération européenne ses syndicats (CES).
Créée en 1973, la CES regroupe 77 organisations membres de 35 pays européens, ainsi que 11 fédérations syndicales européennes, soit plus de 60 millions de membres.
5, Boulevard Albert II, 1210 Bruxelles, Belgique
Tél.: (++ 32) (0)2 224 04 11
Fax: (++ 32) (0)2 224 04 54 / 55
Le lien : www.etuc.org

Consejo latinoamericano de ciencias sociales (CLACSO).
Le Conseil latino-américain des Sciences sociales a été fondé en 1967. Les activités principales du CLACSO sont non seulement le développement de la recherche et de l'enseignement dans les champs les plus divers des sciences sociales, mais également la promotion d'une coopération et d'un échange dynamique entre institutions et chercheurs au niveau inter et intra régional. Le Conseil regroupe aujourd'hui plus de 130 membres de recherche ainsi que des programmes d'études universitaires supérieures en sciences sociales dans 19 pays d'Amérique latine et des Caraïbes.
Av. Callao 875, 3 Piso, Buenos Aires, Argentine
Tél.: (++ 54-11) 4814-2301
clacso@clacso.edu.ar
Le lien : www.clacso.org

Confédération internationale des syndicats libres (CISL).
La CISL a été créée en 1949 et compte 231 organisations affiliées dans 150 pays et territoires sur les cinq continents, avec 158 millions d'adhérents.
5, Boulevard du Roi Albert II, Bte 1, B.1210 Bruxelles, Belgique
Tél.: (++ 32) (0)2 224 02 11
Fax: (++ 32) (0)2 201 58 15
internetpo@icftu.org
Le lien : www.icftu.org

Confédération mondiale du travail (CMT).
La CMT est un mouvement syndical mondial qui regroupe 144 organisations de travailleurs autonomes et démocratiques dans plus de 116 pays. Son siège est à Bruxelles, en Belgique, et elle compte environ 26 millions de membres.
Rue de Trèves, 33, B.1040 Bruxelles, Belgique
Tél.: (++ 32) (0)2 285.47.00
Fax: (++ 32) (0)2 230.87.22
Le lien : www.cmt-wcl.org

Conseil mondial des églises - Conseil œcuménique des églises (COE).
Le COE est une communauté d'églises qui compte aujourd'hui 342 membres de presque toutes les traditions chrétiennes dans plus de 120 pays, sur tous les continents.
BP 2100, 150, route de Ferney, CH-1211 Genève 2, Suisse
Tél.: (++ 41) 22 791 6111
Fax: (++ 41) 22 791 0361
Le lien : www.wcc-coe.org

Droits fondamentaux et mondialisation.
Commission internationale d'enquête pour la sauvegarde des droits fondamentaux.
13, Boulevard Georges-Favon, CH 1204 Genève, Suisse
Tél.: (++ 41) 2231 21400
Fax: (++ 41) 2231 21452
albala.n@wanadoo.fr
Le lien : www.globaldr.org

Eurodad.
Eurodad est le fruit de la décision d'ONG européennes travaillant sur le problème de l'endettement des pays du Tiers Monde de se regrouper en réseau. En 1989/1990, une grande campagne européenne - Eurodad - fut lancée et un secrétariat ouvert à Bruxelles. Objectif: coordonner les activités des ONG qui oeuvrent dans les domaines de la dette, de l'ajustement structurel, de la responsabilité des Institutions de Bretton-Woods, des marchés et flux financiers dans les pays en développement afin d'atteindre une meilleure coordination et cohérence ainsi qu'un impact plus grand du travail des ONG.. En particulier, Eurodad cherche à sensibiliser les décideurs en Europe et dans le monde, ainsi que les médias, aux responsabilités, compétences et limites des gouvernements européens, des institutions et sociétés privées - en tant que principaux créanciers du Tiers Monde - en ce qui concerne la résolution de la crise de la dette.
Avenue Louise 176, 8ème étage, B.1050 Bruxelles, Belgique
Tél.: (++ 32) (0)2 543 90 68
Fax: (++ 32) (0)2 544 05 59
ghurley@eurodad.org
Le lien : www.eurodad.org

Focus on the Global South.
Basé à Bangkok (Thaïlande), Focus on the Global South s’intéresse aux aspects économiques, politiques et écologiques des relations Nord-Sud, dans la perspective de la globalisation des échanges commerciaux, d’une part, et des questions de sécurité, d’autre part, “la logique économique des multinationales et de l’OMC” et “la prédominance militaire américaine” étant pour cette organisation intimement liées. Elle mène des activités de recherche, de sensibilisation, de formation et de lobbying, et participe à de nombreuses campagnes d’action.
c/o CUSRI, Chulalongkorn University
Bangkok, Thailand
Tél.: (++ 66) 2-2187363-65
Fax: (++ 66) 2-2559976
admin@focusweb.org
Le lien : www.focusweb.org

Forum mondial des alternatives (FMA).
Le FMA est un réseau international de centres de recherche et d'intellectuels militants du Sud et du Nord créé en 1997 et visant à soutenir le processus de convergences des mouvements sociaux et l'émergence d'alternatives de développement démocratiques, plurielles et durables à la mondialisation néolibérale et aux différentes formes de discrimination ou de domination. Le FMA inscrit son action dans le processus des forums sociaux mondiaux et régionaux et dans les dynamiques sociales et politiques qu'ils génèrent. Le FMA élabore collectivement des outils de connaissance et de communication de ces luttes et ouvre des espaces de débat sur les stratégies politiques des acteurs en lutte, les stratégies alternatives de développement et les expériences populaires innovantes. Ces outils militants et ces espaces de débat s'adressent en premier lieu aux représentants de mouvements sociaux et de réseaux citoyens convaincus que l'internationalisation des luttes - la “mondialisation par en bas” - est la seule manière de renverser des rapports de forces imposés par l'élite globale - qu'on l'appelle capitaliste, néolibérale ou Empire - pour maintenir un ordre du monde injuste et non soutenable.
info@forum-alternatives.org
Le lien : www.forum-alternatives.net

Forum social européen.
Le FSE est issu du Forum social mondial né à Porto Alegre, au Brésil, en 2001. Il s'inscrit au niveau continental dans la droite ligne de la dynamique mondiale que représente le FSM (voir ci-dessous). Les trois premiers forums sociaux européens qui se sont tenus à Florence en 2002, à Paris en 2003 et à Londres en 2004 ont rassemblé plusieurs dizaines de milliers de participants.
Le lien : www.fse-esf.org

Forum social mondial.
Le FSM est un espace de rencontre ouvert à tous les acteurs de la société civile (associations, syndicats, ONG, etc.) destiné à approfondir la réflexion, le débat démocratique d'idées, la formulation de propositions, l'échange d'expériences et l'articulation d'actions efficaces, entre les associations et mouvements de la société civile qui s'opposent au néo-libéralisme et à la domination du monde par le capital et par toute forme d'impérialisme et qui se sont engagés dans la construction d'une société planétaire centrée sur l'être humain. Il a été organisé pour la première fois à Porto Alegre (Brésil) en janvier 2001. Le FSM se propose de débattre des alternatives de construction d'une mondialisation planétaire assise sur les respect des droits de l'homme universels et de ceux de tous les citoyens et citoyennes de toutes les nations, ainsi que de l'environnement. Une mondialisation appuyée sur des systèmes et des institutions internationaux démocratiques placés au service de la justice sociale, de l'égalité et de la souveraineté des peuples.
fsminfo@forumsocialmundial.org.br
Le lien : www.wsf-fsm.org

Le lien : www.forumsocialmundial.org.br

Conseil international du Forum social mondial.
Le Conseil international du FSM est composé d’une centaine d’organisations et de réseaux qui soutiennent activement le Forum social mondial. Le CI a pour fonction principale la préparation et le suivi des forums sociaux mondiaux. Le secrétariat est assuré par le comité organisateur brésilien (composé lui-même de 22 organisations brésiliennes) du FSM.
fsmci@forumsocialmundial.org.br

Jubilé Sud - Jubilee South international coordinating commitee (ICC).
Jubilé Sud est un réseau de mouvements sociaux, d'organisations, de communautés, d'ONG et d'organisations politiques issus de plus de 40 pays (Amérique du Sud, Caraïbe, Afrique, Asie-Pacifique) dont l'objectif est de contribuer au développement d'un réseau international du Sud contre la dette.
Fax: (++ 632) 929 3134
jubileesouth@skyinet.net
secretariat@jubileesouth.org
Le lien : www.jubileesouth.org

Marche mondiale des femmes.
La Marche mondiale des femmes, dont le siège est situé au Québec, est une initiative de la Fédération des femmes du Québec qui a recueilli depuis son lancement, en 2000, l'adhésion de près de 6.000 groupes de femmes de 161 pays du monde. Les 17 revendications mondiales peuvent être consultées sur le site de la Marche :
110 rue Ste-Thérèse, # 203, Montréal, Québec, Canada H2Y 1E6
Tél.: (++ 1) 514 395 1196
Fax: (++ 1) 514 395 1224
marche2000@ffq.qc.ca
Le lien : www.ffq.qc.ca/marche2000/

Réseau international des mouvements sociaux.
Comme son nom l'indique, ce réseau regroupe des organisations et mouvements sociaux du monde entier, qui se réunissent notamment lors des assemblées des mouvements sociaux tenues à l'occasion des forums sociaux mondiaux et continentaux (voir la deuxième partie de ce livre). “Nous sommes les mouvements sociaux qui luttons dans le monde contre la globalisation libérale, la guerre, le racisme, les castes, la pauvreté, le fanatisme religieux, le patriarcat et toute forme de discrimination et d'exclusion: économique, ethnique, sociale, politique, sexuelle ou de genre. Nous luttons pour la justice sociale, les droits citoyens, la démocratie participative, les droits universels et les droits des peuples à décider de leur avenir (…) Nous sommes des millions à manifester dans les rues pour affirmer qu'un autre monde est possible.”
Secrétariat des mouvements sociaux :
Rua General Jardim, 660, 7° andar sala 71,
CP 01223-010 São Paulo, Brésil
Tél.: (++ 55) (11) 3237 2122 #209
movsoc@uol.com.br

Vía campesina.
Vía Campesina est un mouvement international créé en 1992 et composé d'organisations paysannes de petits et moyens agriculteurs, de travailleurs agricoles, de femmes ainsi que de communautés indigènes d'Asie, d'Afrique, d'Amérique et d'Europe. C'est un mouvement autonome, pluraliste et indépendant de tout mouvement politique, économique ou autre. Il est composé d'organisations nationales et régionales autonomes. Le mouvement s'organise en huit régions: Europe de l'Est, Europe de l'Ouest, Asie du Nord-Est et du Sud-Est, Asie du Sud, Amérique du Nord, Caraïbes, Amérique centrale et Amérique du Sud. Vía Campesina revendique 70 millions d'adhérents dans plus de 60 pays.
Secrétariat international :
Apartado Postal 3628,Tegucigalpa, M.D.C.,Honduras, C.A.
Tél./Fax: (++ 504) 220 12 18
viacam@gbm.hn
Le lien : www.viacampesina.org


D'abord : je vous demande par avance de m'excuser si certains liens ne fonctionnent pas, je ne les ai pas tous testés... et donc, merci de me le faire remarquer le cas échéant...
Et puis juste pour dire qu'il doit y avoir une histoire de gènes dans cette publication.

En espérant que ça vous donnera des idées, vous éclairera sur certaines choses, vous amènera à bouger, à parler, échanger, communiquer...

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