Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Catalunya express

Publié le par sab


Mon actu

Déjà un certain temps que je n'ai pas tenu ma promesse de rester connectée et de poursuivre cette histoire... commencée il y a maintenant un peu plus d'un an. Ces derniers jours Mélinda était à Uyuni, et j'ai eu le plaisir de revoir cet hôtel de sel surplombant le Salar.. On devient vite nostalgique, même de sentiments éphémères. Bref, depuis un an, quoi ? Je dois dire que pas mal de choses, beaucoup se trouvent dans les lignes de ce blog, ou entre les photos, il faut savoir décoder, et pour le reste... une belle aventure. C'est drôle ça prend déjà un petit goût d'amertume, non ? En fait, non. Voilà un bon mois et demi que je suis sur le sol français, que j'y travaille, et, oh ! progrès hallucinant, qu'on me paye. Il faut un début à tout, et puis bla bla bla. Reste que je suis toujours partagée entre ma patrie d'adoption, et ma vocation de pelleteuse.

Je vous enverrais bien des photos de mes tribulations catalanes, mais allez savoir pourquoi, impossible de faire entrer de nouvelles photos dans la banque jlouis. Etant donné qu'il n'y a pas de problèmes, il n'y a que des solutions, je vais voir si la force de persuasion peut faire quelque chose dans mon sens.

Quoi qu'il en soit, je dois éclaircir pour vous mes deux derniers mois. Alors, après la fouille du centre de détention clandestin du Vesubio (à Buenos Aires, vous vous souvenez ?), retour à Catamarca, comme toujours, retour à la vie quotidienne argentine, qui se compose d'un mariage harmonieux d'AutoCAD et de maté. De là, je reçois un appel d'une boîte française d'archéo qui recrute pour une fouille préventive dans le centre de Perpignan. J'avoue volontiers que le fait de recevoir un appel de ce genre-là m'a franchement...émue. Il faut savoir se rendre indispensable. Continuons. Evidemment j'accepte l'offre de contrat, et reçois un mail environ deux heures plus tard pour me proposer d'y être responsable de secteur ! Là, on est passé du stade de l'émotion, au stade cardiaque. Evidemment, j'accepte. 3 jours après j'étais dans l'avion direction Barcelone, et de là, la France. Querer es poder.

Là, vous me dites, en bon citoyen lambda : 'd'accord, mais c'est quoi une fouille préventive ?'. Et vous aurez bien raison de poser la question (pleins d'archéos se la posent tous les jours...). Faut pas mourir idiot. Là, deux choses : d'abord, et même si jusqu'à présent ils ont toujours refusé mes avances -je suis pas rancunière-, je vous renverrez au très bon site (non, c'est pas de la lèche) de l'INRAP - Institut National de Recherches Archéologiques Préventives, que ... voici. Le site est très bien fait, et, hormis une présentation claire du monde de l'archéo préventive, renvoie à tous les textes de loi intéressant ce milieu. Mais comme je sais pertinemment que vous n'aurez pas le courage de tout lire, je vous le résume comme ça : depuis janvier 2001, tout projet d'aménagement susceptible d'affecter le patrimoine archéologique national doit être précédé d'un diagnostic et/ou d'une fouille archéologique, dite fouille préventive (ex fouille de sauvetage). Je ne m'étendrai pas sur le débat de la viabilité de l'INRAP, de l'application de la perception de redevances, etc. Ni même de savoir si les boîtes privées viennent marcher sur les plates-bandes de l'INRAP.

Donc, me voilà embarquée à Perpignan sur le site d'une ancienne caserne rasée dans les années 60, au sein d'un quartier situé à quelque 500 m du palais des rois de Majorque. Quand on m'a parlé de fouille urbaine, c'est drôle mais je me suis dit : 'oui, et alors, on est dans le centre-ville, c'est ça ?' Et bien laissez-moi vous dire que fouille urbaine ça ne veut pas dire que : fouille dans le centre d'une ville... c'est stupide mais je le savais pas vraiment. Tous les matins pendant un mois, je me suis dit c'est bien, c'est formateur... Parce que, tout simplement, ça veut dire un bordel sans nom. C'est con mais les gens ont tous eu, toujours, la même pensée : "on est pas bien là ?" Résultat : un enchevêtrement de structures, de lambeaux de sols, de canalisations, de remblais. Bref, de tout, si possible dans un espace très restreint comme ça on comprend moins bien, nous. Alors, c'est formateur. Je suis d'ailleurs en train de me débattre avec le rapport de mon secteur, mais c'est une autre histoire.

Et finalement, avant la fin du chantier de Perpignan, mon patron, appelons-le David M., m'a proposé de prendre la responsabilité d'un petit chantier de 2 semaines au Boulou (étude de bâti), à une trentaine de bornes au sud de Perpignan. Evidemment, j'ai accepté. Me voilà donc responsable d'opération. Sacrée montée en grade ! Alors je n'espère plus qu'une seule chose : que cette fin d'année soit un avant-goût de 2007, et que je pourrais enfin bouffer grâce à l'archéo. Le fait est que le SRA -Service Régional d'Archéologie- commence à s'activer, ou continue plus exactement, autour du projet d'un Mémorial du Camp de Rivesaltes, et donc d'une fouille de ce camp d'internement (concentration ? l'appellation fait toujours débat) qui a fonctionné près de 40 ans (autant vous dire qu'à Tucuman, quand je leur ai raconté l'histoire de ce camp, ils m'ont fait les gros yeux...). Et du coup, les expériences que j'ai pu avoir sur les centres de détention clandestins argentins entrent en jeu pour me placer plus au coeur du projet. A suivre donc, dans le courant -j'espère début- 2007.
A part ça, vous me croirez probablement pas, et je devrais probablement pas vous le dire, mais dans un des murs de la maison qu'on a étudiée au Boulou, dans une cache scellée dans le mur (avec une grosse pierre, du mortier, et pleins de magnifiques tapisseries)....... une bouteille qui renfermait.... une carte au trésor. On a évidemment immédiatement perdu toute conscience professionnelle et cherché à trouver ce putain de trésor. Evidemment on l'a pas trouvé. Ça arrive que dans les films ces trucs-là !

Là, très logiquement, vous me direz : 'quid de l'Argentine ?' Et vous aurez encore une fois bien raison. Le fait est que l'idée première était de pouvoir bosser en France au moins la moitié de l'année, et passer l'autre moitié là-bas, terminant encore et toujours mes dessins, et attaquant l'étude du mobilier osseux du site de Caranchi Tambo (Laguna Blanca). Pour l'instant, aucune certitude, même si cet idéal serait ... idéal.

« J’ai voyagé beaucoup, et quand tu voyages d’une certaine façon, à certains endroits, tu trouves des individus qui ont la même nécessité que toi. Les rencontres sont comme ça. Il y a des gens qui bougent pour trouver quelqu’un qui est le double de quelqu’un qu’ils ont laissé ailleurs. Moi, je vais à la recherche de quelqu’un que j’ai déjà rencontré. » Hugo Pratt


Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article