Les Andes et moi

Publié le par sab


Etape à  Potosi­.

On a donc fait une petite ballade aux alentours de la ville.. et comme je suis d'une bonne nature, je vous invite aussi. D'abord, un coup d'oeil sur la Cueva del Diablo, la grotte du diable qui, comme son nom l'indique, est l'adresse connue du diable en Bolivie. Paraîtrait qu'il en a aussi une, que je ne connais pas personnellement, dans les îles éoliennes. Si ma mémoire est bonne, bien que non datée, le diable importunait les habitants des îles éoliennes ; on a donc fait parvenir une invitation à Saint Bartolomé, qui coulait des jours heureux à pourchasser toutes les incarnations du diable quelque part en Asie mineure. St Bartolomé, qui n'a qu'une parole, se rendit au secours des iliens et enferma le diable dans l'une des grottes de l'île. (J'avoue que si vous avez des infos à ce sujet, elles sont les bienvenues). Sa réputation traversant l'Atlantique dans l'ombre des Espagnols, son aide fut à nouveau sollicitée pour débarasser cet étroit accès à Potosi­ du diable qui, décidemment, passe son temps à emmerder les braves gens.

Etant donnée sa position de passage vers la ville minère, donc plus que frequenté par hommes et caravanes, on ne pouvait décemment pas tolérer d'être retardés, tourmentés par un diable désuet. St Bartolomé l'enferma donc dans cette grotte qui, pour plus de sécurité, est fermée depuis quelques années par une grille de la Comibol (la Compagnie minière bolivienne, celle qui a fait faillite).
Vous noterez peut-être la couleur de la rivière qui s'écoule devant la grotte, c'est un joli brun-gris boueux, bien chargé en métaux lourds et autres substances profitables à l'environnement.

La cueva porte toujours des (traces de) peintures rupestres (noir, blanc, et rouge) représentant des hommes et des caravanes de lamas transportant leur chargement, indiquant sa fréquentation depuis déjà quelques générations, bien qu'une datation reste difficile à préciser. A l'extérieur et à quelques mètres, on rencontre d'autres motifs et personnages. La cueva est toujours fréquentée, lors de processions annuelles où l'on vient déposer des offrandes dans les brèches des parois (objets, tissus, feuilles de coca).

On s'est ensuite rendus sur l'une des collines environnant Potosi pour voir les restes de huayrachinas, ces fours utilisés dès l'époque préhispanique pour fondre le plomb, utilisé dans l'étape suivante de la chaîne opératoire pour extraire l'argent du minerai sortant des mines. Les huayrachinas actuelles de petits fours, inférieurs à la taille d'un homme, étroits et circulaires, percés d'une dizaine de trous permettant au vent d'attiser le foyer intérieur. Leur situation au sommet des collines s'explique de la même façon, le vent violent soufflant dans cette région permettant d'atteindre et de maintenir une température suffisante pour le travail du plomb.

J'avoue que les structures détruites (quand je dis structure... 10 cm d'élévation à deviner au milieu de la rocaille..) des huayrachinas ne m'ont pas interpelée, d'où pas de photos... mais je vous ai quand-même dégoté une illustration :

"Huayras" ou fours à fonte : a et b, espagnols ; c, inca (Tirés de A. A. Barba, 1640: "Arte de los metales...") ; d, "huayra" et creuset Condorhuasi-Alamito.

Publié dans ma vie - mon œuvre

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