Potosi, Sucre et l'invitation de Doña Guillerma

Publié le par sab


Pas la mienne, celle des autres, parce que c'est toujours mieux dans l'assiette du voisin...

Voilà un mois que Pablo m'a ouvert les portes de sa maison, et de sa famille. Avec Sacha, 3 ans, j'ai appris les conjugaisons espagnoles (Papá, ¿qué estas haciendo?), enfin, aussi grâce à Pablo (¡¡Sacha!! ¿¿Qué has hecho??)... Marion, la fille de Pablo et Pascale, m'a servi de guide pas mal de fois dans Sucre, et puis m'a prêté main forte pour le tamisage et le tri à ASUR. Pascale bosse sur les mineurs et les putes de Potosi, du coup on s'est surtout croisées. Enfin, pour ceux que ça intéresse, elle a écrit un bouquin sur ces mêmes mineurs, chez L'Harmattan "Les ministres du Diable", sorti en 2003 (P. Absi). Je regrette de ne pas avoir eu le temps de le lire complètement, mais dès mon retour...

Avant de partir pour Potosi­, nous avons été invités, la famille de Pablo, Daniel et moi, à la confirmation du fils de Doña Guillerma. Doña Guillerma vient bosser tous les jours chez Pablo et Pascale, une sorte de gouvernante ou un truc dans ce goût-là, je sais pas trop comment définir. Bref, on a d'abord été à l'église, écouter un monologue insoutenable (enfin, insoutenable pour moi, vu que j'en ai pas compris la moitié..) pendant 2 bonnes heures..dur. Puis, rendez-vous à la maison de Doña Guillerma, pour boire et manger.. boire la chicha, cette boisson faite à partir de maïs mastiqué puis recraché et enfin fermenté.. (mais y'a des techniques moins... traditionnelles de la fabriquer maintenant) franchement bon, avec un peu d'aide et après quelques calebasses, on y trouve un petit goût de cidre, si si ("j'y trouve un goût de pomme..."). Oui, parce que ça se boit par demie calebasse. Evidemment, on a eu droit à l'inévitable Chuflay (Singani + Sprite). Et puis le repas, du porc grillé, du maïs, de la betterave, plutôt bon aussi, mais je peux vous garantir que c'est super pas facile de se débattre à mains nues avec de la couenne de porc.. Nous avons donc mangé dans une salle au bas de la maison de Doña Guillerma, alignés sur des chaises le long des murs de la pièce en construction, le tout assaisonné de musique plus ou moins traditionnelle, mais certainement bolivienne. Finalement, avant de partir on a été obligés de danser pour honorer les hôtes hein, et puis pour qu'ils puissent se marrer un peu aussi, c'est pas tous les jours qu'on fait danser les gringos.. le tout avec encore quelques calebasses de chicha et un peu de coca. Une drôle d'expérience. Après ça, quand on rentre à la maison borracho à 6h du soir, on voit d'un œil différent les ivrognes de coin de rue..

Photo :  Musée des Beaux-Arts et d'Archéologie Déchelette

 

Addenda: Je n'ai pas été reçue dans la maison de Pablo, mais dans celle de Pablo ET Pascale. C'est Pascale qui a fait le lit où je dormais, acheté la nourriture que je mangeais, lavé mon linge, et d'autres choses encore qui semblent m'avoir échapé.


Publié dans ma vie - mon œuvre

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