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Potosi encore

Publié le par sab


L'histoire, la vraie

Si Sucre peut honorablement s'appeler la ville blanche, Potosi est sans doute la ville de toutes les couleurs... ici la plupart des maisons sont peintes de couleurs vives, et ça fait du bien quand, arrivé le soir, la température commence à chuter. Heureusement, il nous reste la Potosina, la bière d'ici...

Pour arriver ici, hier matin nous avons repris cette route qui, ensuite, se poursuit vers Uyuni.. Une belle route, et j'avoue m'être sentie coupable de ne vous en avoir rien dit la dernière fois..

Je me rends compte que je commence à fermer les yeux sur les choses, c'est mauvais signe. Alors je me rattrappe : d'abord, on est en montagne hein, donc la route, c'est une vraie partie de plaisir... La plupart des gens roulent en 4x4, forcément c'est un plus quand on sait que la moitié des routes n'en sont pas. C'est une belle route pour arriver ici, 2h30 depuis Sucre, des virages, de la montagne, et toujours ces plateaux immenses avec une végétation noueuse et rabougrie, des eucalyptus disséminés çà et là, des champs de quinoa... Les paysans se trimbalent la plupart du temps à pied, sinon le moyen le plus usité reste le minibus, en concurrence avec les camions qui, en échange de quelque argent, prennent tout le monde. On croise quelques troupeaux de moutons, quelques vaches, des ânes et un paquet de clebs, surtout en ville. La terre est sèche, irriguée de temps à autre par quelque cours d'eau en mal de débit.

De nombreuses rivières sont polluées par les industries minières, et ici la plupart du temps il n'y a pas de ramassage des ordures, donc les gens jettent ça dans la nature, ça vole partout, ou les brûlent en plein air. Evidemment on trouve des cactus, des figuiers de barbarie aussi.

L'arrivée à Potosi, personnellement, ne me transporte pas franchement : rien  d'agréable au regard, un aspect sableux des couleurs et par la poussière omniprésente. C'est une ville pleine de montées et de descentes, dont la moitié des rues sont de terre battue, toujours un peu sale évidemment, avec un monde fou toute la journée et la soirée, et toutes ces bâtisses si colorées..

Au travail !

Nous avons donc commencé à travailler ici, lundi, petite mise en jambe.. Le site se trouve à la périphérie immédiate de la ville (Jesús valle), une zone en pleine expansion. En ce moment se construit  une gare routière immense, et tout le secteur va très rapidement s'urbaniser.. on peut donc apparenter cette fouille à de la préventive. Pour Pablo, c'est une fouille de première importance : nous recherchons parmi les traces anciennes d'habitation des couches de charbon qui nous permettront une datation de l'occupation. Le but avoué est de prouver qu'il y a eu une occupation de Potosi­ avant l'arrivée des Espagnols. En effet, l'histoire officielle raconte qu'ils ont découvert les ressources en argent, et qu'avant eux il n'y avait rien.. moyen facile de légitimiser l'exploitation des mines et des ressources de la région. Nous sommes donc en train de réécrire l'histoire.. tout simplement.

Lundi, nous avons commencé doucement à mettre en évidence les murs d'une habitation, et mardi sont venus travailler avec nous (Daniel et moi), des ouvriers de la mairie : eux ont entamé des tranchées de sondage, Daniel et moi avons tranquillement poursuivi notre petit travail, puis terminé par un relevé qui, comme toujours avec moi s'est éternisé... enfin, l'occasion pour moi de découvrir l'usage du clinomètre (??), et de constater que, finalement, quand on joue aux billes, en quechua ou en français c'est pareil.. Les gamins de la famille voisine sont en effet venus nous prêter main forte... Et toujours ce silence environnant, le vent pour tout compagnon. Ça laisse le temps de penser tranquille en tout cas.

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