Une histoire de BD

Publié le par sab


Tintin en Amérique

La version «tintinesque» du Pérou et de la Bolivie est sans doute le principal abreuvoir d'images d'Épinal sur les Andes en Europe. Grâce à Tintin et au capitaine Haddock, tout le monde sait que les lamas crachent quand ils sont fâchés, que El Callao est le port de Lima, que Boliviens et Péruviens utilisent le lluchu, le bonnet des Andes, et que le condor, quand il passe, peut soulever un jeune homme...
Hergé commence la saga de ces deux BD vers la fin de 1943. Les 7 boules de cristal est réalisé en association avec Edgar Jacobs (créateur de «Blake et Mortimer»). Celui-ci sera le principal apporteur d'idées fraîches sur cet album et le suivant, Le temple du soleil. Après les difficultés que lui causent la guerre, en avril 1948, Hergé fait aboutir les deux comparses à la découverte du secret du dernier inca et sauvent les 7 savants apprivoisés par la momie de Rascar Capac.

Le livre de voyages Pérou et Bolivie de Charles Winer, explorateur de la fin du XIXe s., servira de base pour Le temple du soleil. Dans ce livre, Winer illustre de façon abondante les monuments et les statues de Tiwanaku. Hergé les prend pour décorer, avec une licence artistique qui lui permet un anachronisme de mille ans, le palais impérial des incas. De la même façon, on trouve dans les différents objets présumés incas des vases paracas ou des objets en or chimus. Pour la petite histoire, le modèle de la momie de Rascar Capac s'appelle Paracas, du nom de la culture du même nom.

Avec le recul, l'ethnocentrisme d'Hergé se traduit dans plusieurs exemples : le fidèle compagnon de Tintin s'appelle Zorrino (qui se traduit par "putois"), les indiens sont présentés comme des traîtres, et même la musique des incas est dessinée sous les codes burlesques de la BD.

        La vie n'existe pas. La vie est illusion. La vie est un songe. Le songe d'une nuit d'été, d'un matin d'hiver, d'un week-end à Zuydcoote pour un ange inévitablement à la fenêtre d'orient. Et si tout était vrai ? Simplement se fondre dans cette bulle, s'y insinuer et y être assimilé. Intégration culturelle à l'imaginaire, à ce qui n'est pas mais continue de vivre. Ce monde palpitant, en marche continue vers une apothéose toute particulière, personnelle, évolue de sa propre énergie, se bouscule, se retourne, poursuit son chemin. Et sème ses petits cailloux blancs. Surgis des entrailles nimbées d'une matrice chaude et gluante, on les appelle ... phylactères.

Publié dans ma vie - mon œuvre

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