Penser l'ailleurs

Publié le par sab


Des idées qui me traversent l'esprit. Et parce qu'après tout, je partage mon opinion...la partagez-vous ?

On passe sa vie à pourchasser des rêves pour, enfin, au soir de son existence, s'asseoir à l'ombre d'un grand arbre, et tirer une conclusion, une seule : rien ne sert de courir après des chimères, le secret de la vie consiste à la palper chaque jour, et nous ne l'avons pas fait. Une existence écoulée pour pouvoir comprendre qu'il suffisait de vivre. L'existence, souvent, se joue de nos grands airs fouineurs, nous qui croyons pouvoir accéder au savoir, et à tout, ne savons même pas vivre... J'ai peur, parfois, le soir, de rêver, parce qu'il est des rêves douloureux. Des rêves qui font souffrir lorsqu'on les fait, des rêves qui font souffrir lorsqu'on s'éveille, des rêves qu'on souffre de ne pas faire. Je rêve d'ailleurs, partout ailleurs, pourvu que ce soit hors de mon quotidien. Je rêve d'un ailleurs sans quotidien, une vie de nomade perpétuelle, au gré du vent, sans encombres, sans attaches. C'est un drôle de paradoxe que de crever de ne pas avoir de terre et, dans le même temps, de crever d'en avoir trop. J'aimerais être aussi libre qu'un souffle d'air en été, et me laisser porter ainsi de loin en loin. L'ailleurs n'est pas forcément loin, juste un endroit différent, où la vie réglée n'existe pas, où seuls existent les rencontres, les impressions, les moments partagés, les instants de beauté figés comme pour l'éternité. Je voudrais me soustraire à toutes les contraintes que nous avons créées pour nous y enfermer, nous isoler du monde extérieur. Je veux revenir à ce rapport direct avec le monde, les autres, vivre les autres autrement que par mes factures à payer. La vie c'est tout le reste. Le monde moderne nous aliène totalement avec son lot énorme de contraintes, de stress, qui font que finalement on donne du temps au temps et plus à nous-mêmes. Nous nous oublions face aux conditions que nous avons nous-mêmes créées. Nous nous noyons tellement dans ce quotidien exponentiel que nous en oublions de vivre. Je veux éliminer ce quotidien et ne conserver que les rapports humains, les rencontres. La plupart des gens s'abrutissent jour après jour, l'acceptent consciemment, et se confortent dans ce rempart qu'ils ont érigé.
Je travaille mon ailleurs. En pensant ma terre.
"Sur la plage le sable bêle
Comme des moutons d'infini
Quand la mer bergère m'appelle..." (Ferré)
<<Uyuni : Du sel, rien que du sel   De la pelle et du râteau>>

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Publié dans Pensées

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sab 03/05/2008 22:49

Juste pour préciser.. si j'ai l'air pas imable sur la photo, c'est normal, c'est mon air naturel, mais si j'ai l'air déchirée c'est aussi normal, c'est de retour de ma journée de boulot à Uyuni + la nuit de voyage de retour à Sucre. Les fringues sales, c'est tout le style.

Denys 03/05/2008 22:47

Les coquillages figurant
Sous les sunlights cassés liquides
Jouent de la castagnette tant
Qu'on dirait l'Espagne livide
Dieux de granits, ayez pitié
De leur vocation de parure
Quand le couteau vient s'immiscer
Dans leur castagnette figure
Et je voyais ce qu'on pressent
Quand on pressent l'entrevoyure
Entre les persiennes du sang
Et que les globules figurent
Une mathématique bleue,
Sur cette mer jamais étale
D'où me remonte peu à peu
Cette mémoire des étoiles

Cette rumeur qui vient de là
Sous l'arc copain où je m'aveugle
Ces mains qui me font du fla-fla
Ces mains ruminantes qui meuglent
Cette rumeur me suit longtemps
Comme un mendiant sous l'anathème
Comme l'ombre qui perd son temps
A dessiner mon théorème
Et sous mon maquillage roux
S'en vient battre comme une porte
Cette rumeur qui va debout
Dans la rue, aux musiques mortes
C'est fini, la mer, c'est fini
Sur la plage, le sable bêle
Comme des moutons d'infini...
Quand la mer bergère m'appelle

bisous sœurette !