Direction Uyuni : Du sable, rien que du sable

Publié le par sab

    De retour à Sucre, après un joli périple toujours plus à l'Ouest. Mais d'abord, comme il se doit, j'ai trinqué à votre santé pendant que vous dormiez comme des bienheureux samedi dernier... rappelons que vous avez 5 h de plus que moi. Donc je peux vous dire aujourd'hui avec certitude que la bière d'ici vaut largement notre vilaine Kro. Et, petit détail frappant, il a fallu que je traverse un océan pour venir trinquer à ... l'absinthe. Il y a toujours moyen de contourner les difficultés, non ? Je me suis donc levée dimanche matin avec une petite gueule de bois, mais d'altitude, ce qui fait tout son charme. Partis à 6h de Sucre avec Jonny, qui travaille pour ASUR. ASUR est une fondation (Antropólogos del Sur andino) qui bosse sur une large aire bolivienne en contact avec pas mal d'artisans et acteurs locaux pour promouvoir ce patrimoine. C'est dans ce cadre-là que je bosse au labo du musée du textile.

    Nous sommes donc partis pour presque 400 bornes plein ouest, et ...8h de route direction Uyuni. Il faut dire que Jonny s'en tenait une belle aussi. Un peu le baptême du feu aussi, puisque l'ami Jonny ne parle pas un mot de français. Enfin on a réussi à s'entendre.

 

    370 bornes d'immensité, j'apprends effectivement l'humilité, regarder à droite, à gauche, devant, derrière, et ce ne sont que des déserts, des montagnes, du sable et de la pierre.


 


 

 

 

 

Les pueblos sont d'adobe et de pierre, les toits de chaume.


 

    D'abord 2h de route goudronnée jusqu'à Potosi­, puis la piste. Le voyage s'est avéré grandiose. Ici, seulement le silence et le bruit du vent courant dans les buissons. Rien. Une impression d'absolu, de bout du monde. Porter le regard à l'horizon et n'y trouver aucun obstacle que les vastes plateaux. Le désert, sec à en pleurer. On n'oublie pourtant pas qu'on est à plus de 3000m. Pour moi, ça se traduit par un brave mal de crâne. Evidemment, le souffle court dès qu'on attaque un peu la pente, et toujours le nez plein de sang. Le plus mauvais côté de la chose, franchement désagréable, mais je pense qu'avec l'habitude ce genre de désagrément disparaît. Et puis le vent reste très frais, même si les rayons du soleil sont vraiment aigus.


Putain d'immensité, putain de désert, putain de piste.


    On a évidemment croisé un paquet de lamas, d'abord dans le lointain, puis sur la route (ici on écrase pas de hérissons) et enfin dans notre assiette. Quelques-uns portent des bouts de laine de couleur vive, souvent rouge, au bout des oreilles ou autour du cou. Des ânes aussi, quelques vaches, quelques moutons. Je ne sais pas d'où vient tout le poulet qu'on bouffe ici.

 

    Enfin, l'arrivée à Uyuni, une petite ville avec des rues larges comme des Champs-Elysées, avec des nids-de-poule à vous tasser au fond du siège. Jour de marché partout en Bolivie, le dimanche est l'occasion d'une belle animation jusque bien après la tombée de la nuit. Rappelons qu'il fait nuit vers 18h30.

  Nous avons erré quelque peu dans le cimetière des trains, un bien curieux endroit où sont venues s'oxyder les carcasses d'anciens wagons et locomotives. Et une lumière fabuleuse qui donne des couleurs fantastiques à la terre. L'air scintillant..pur à t'en faire croire que tu peux t'y fondre, peut-être t'y perdre, disparaître. Et une belle lune vraiment, à la tombée de la nuit. Puis nous avons mangé l'incontournable poulet piquant... 

Page copy protected against web site content infringement by Copyscape

Publié dans ma vie - mon œuvre

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

sab 08/03/2009 13:43

Juste pour préciser, enfin, que le titre "Du sable, rien que du sable", est celui d'un album de récits de guerre publié par Hugo Pratt chez Dargaud en 1983 (pour la France). Probablement peu connu, mais Pratt m'accompagne partout. C'était l'occasion de lui rendre un (très humble) hommage.

DEXTER5 01/02/2009 15:04

Oh la vache!!! Ou plutôt le Lama....Je me sens tout petit!!!!!!(j'aime trop ce smiley,c'est ma signature!!!)